CRITIQUE DVD: DERRIERE LA COLLINE

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LE FILM: 8/10

Au pied de collines rocheuses, Faik mène une vie de fermier solitaire avec son métayer et sa femme. Quand arrivent de la ville son deuxième fils et ses petits enfants, il les met en garde contre les nomades qui traversent la région. Tandis que se déroulent les vacances, la menace rôde, silencieuse et invisible.

Premier film du réalisateur turc Emin Alper, « Derrière la colline » est un objet filmique bien à part. Au premier degré, on est ici face à un huis-clos (en extérieur) qui voit une famille vivre dans la peur de l’autre (les Nomades) en pleine Anatolie. Sans jamais vraiment montrer la menace qui inquiète les bergers, le réalisateur se concentre sur la sensation de peur et d’inquiétude et c’est une franche réussite d’autant que la forme est vraiment soignée avec une très belle photographie. Mais le second niveau de lecture est encore plus fascinant tant Elper parle ici de son pays et de son besoin de trouver un bouc émissaire, notamment avec le peuple kurde. Aisément transposable chez nous, on peut y voir la crainte des habitants de la campagne d’une immigration invisible chez eux. Fascinant…

 

TECHNIQUE: 9/10

Très belle copie pour le support avec un rendu proche de la HD! A signaler l’absence de VF.

BONUS: 6/10

Outre la bande-annonce et une filmographie, on trouve un court mais instructif entretien avec le réalisateur (10 mins).

VERDICT: 8/10

Un premier film très prometteur!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez Memento Films

 

CRITIQUE: LES INTERDITS

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1979. Carole et Jérôme ont 20 ans et partent en voyage organisé à Odessa, derrière le rideau de fer. Ils sont cousins et se prétendent fiancés. Le jour, simples touristes, ils visitent monuments et musées. Le soir, ils faussent compagnie au groupe et rencontrent clandestinement des refuzniks, Juifs harcelés par le régime soviétique pour avoir voulu quitter le pays. Ils découvrent un monde inconnu, brutal et absurde. Si Carole est animée par l’engagement et le goût du risque, pour Jérôme, la vraie motivation de ce voyage, c’est Carole.

Présenté durant le 2ème Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, les Interdits est le premier film d’Anne Weil et Philippe Kotlarski. S’appuyant sur un sujet en or, le film ne se hisse malheureusement jamais à la hauteur de ses ambitions. En traitant du sort réservé aux Juifs par le régime soviétique et en y greffant une histoire d’amour entre deux cousins, on pouvait s’attendre à un récit autrement plus fiévreux. Les Interdits pêche à de multiples niveaux: dénué de tout rythme, le récit ne décolle jamais et ce n’est pas le jeu monocorde de son acteur principal, Jérémie Lippmann qui sortira le spectateur d’une torpeur inévitable. Même Soko qu’on avait connue plus habitée dans Augustine semble anesthésiée; quant aux autres personnages, ils manquent tous cruellement de chair pour attiser notre intérêt. Pour finir, l’ambition d’un film d’époque s’accommode mal du manque de moyens, contraignant les réalisateurs à un minimum d’extérieurs et de plans larges. Quant au traitement de ses deux sujets, le film ne va au bout ni de l’aspect politique ni de son histoire d’amour…

Les Interdits est donc un premier film extrêmement ambitieux mais raté!

Sortie le 27 novembre 2013

NOTE: 3/10