CRITIQUE: LES INTERDITS

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1979. Carole et Jérôme ont 20 ans et partent en voyage organisé à Odessa, derrière le rideau de fer. Ils sont cousins et se prétendent fiancés. Le jour, simples touristes, ils visitent monuments et musées. Le soir, ils faussent compagnie au groupe et rencontrent clandestinement des refuzniks, Juifs harcelés par le régime soviétique pour avoir voulu quitter le pays. Ils découvrent un monde inconnu, brutal et absurde. Si Carole est animée par l’engagement et le goût du risque, pour Jérôme, la vraie motivation de ce voyage, c’est Carole.

Présenté durant le 2ème Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, les Interdits est le premier film d’Anne Weil et Philippe Kotlarski. S’appuyant sur un sujet en or, le film ne se hisse malheureusement jamais à la hauteur de ses ambitions. En traitant du sort réservé aux Juifs par le régime soviétique et en y greffant une histoire d’amour entre deux cousins, on pouvait s’attendre à un récit autrement plus fiévreux. Les Interdits pêche à de multiples niveaux: dénué de tout rythme, le récit ne décolle jamais et ce n’est pas le jeu monocorde de son acteur principal, Jérémie Lippmann qui sortira le spectateur d’une torpeur inévitable. Même Soko qu’on avait connue plus habitée dans Augustine semble anesthésiée; quant aux autres personnages, ils manquent tous cruellement de chair pour attiser notre intérêt. Pour finir, l’ambition d’un film d’époque s’accommode mal du manque de moyens, contraignant les réalisateurs à un minimum d’extérieurs et de plans larges. Quant au traitement de ses deux sujets, le film ne va au bout ni de l’aspect politique ni de son histoire d’amour…

Les Interdits est donc un premier film extrêmement ambitieux mais raté!

Sortie le 27 novembre 2013

NOTE: 3/10

CRITIQUE: LE CONCERT (2008)

A l’époque de Brejnev, AndreÏ Filipov était le plus grand chef d’orchestre de l’Union Soviétique. Pour avoir refusé de se débarasser de ses musiciens juifs, il est remercié. Trente ans plus tard, il est toujours au Bolchoï mais comme homme de ménage. Un soir, il intercepte un fax provenant du Théâtre du Chatelet à Paris qui souhaite accueillir l’orchestre du Bolchoï. Filipov décide de réunir tous ses anciens amis musiciens et de prendre la place de l’orchestre russe. Son seul souhait: jouer le concerto pour violon de Tchaikovski avec la grande soliste Anne-Marie Jacquet.

Bénéficiant d’une idée de départ excellente, Radu Mihaileanu, à qui l’on doit l’excellent « va, vis et deviens », entraîne très vite son film vers la farce grotesque bourrée de clichés. Tous les Russes sont alcolos et à peine arrivés à Paris, il font le commerce du caviar, des téléphones, etc… L’humour tombe très souvent à plat et les scènes d’émotion sont beaucoup trop appuyées pour atteindre leur but. Certaines scènes sont totalement inutiles comme une scène de mariage avec la fusillade de la mafia russe (bien sûr!!!) et la sous-intrigue qui nous explique l’enfance de la soliste est totalement hors-sujet. Certains personnages sont totalement horripilant: le directeur du Chatelet et son adjoint (Berléand et Abelanski insupportables) ou encore le restaurateur arabe interprété par ramzy!

Tellement raté qu’il est difficile d’être ému par la scène du concert avec le très beau concerto de Tchaikovski! Vraiment dommage d’autant que j’espérais beaucoup de ce film!