Critique: Mademoiselle de Joncquières

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Réalisation Emmanuel Mouret
Scénario Emmanuel Mouret
Acteurs principaux
Sociétés de production Moby Dick Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame romantique
Durée 109 minutes
Sortie 12 septembre 2018

Madame de La Pommeraye, jeune veuve retirée du monde, cède à la cour du marquis des Arcis, libertin notoire. Après quelques années d’un bonheur sans faille, elle découvre que le marquis s’est lassé de leur union. Follement amoureuse et terriblement blessée, elle décide de se venger de lui avec la complicité de Mademoiselle de Joncquières et de sa mère…

Spécialiste ès marivaudages, Emmanuel Mouret s’essaie à une nouvelle variation en costumes cette fois-ci. A partir de Diderot, il nous conte donc la vengeance fomentée par Madame de la Pommeraye après qu’elle ait été la énième victime du séducteur Marquis des Arcis. Remarquablement mis en scène et s’appuyant sur un scénario finement écrit et dialogué, « Mademoiselle de Joncquières » résonne étonnamment avec l’actualité. Madame de la Pommeraye eut été en effet une ardente représentante du mouvement « MeToo » tant son désir de préserver les femmes de la cruauté masculine est ici féroce. Cécile de France trouve ici l’un de ses plus beaux rôles et Edouard Baer habite à merveille ce personnage de dandy au fond si sensible. Un pur régal!

4.5

Critique: Sofia

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Réalisation Meryem Benm’Barek
Scénario Meryem Benm’Barek
Pays d’origine Drapeau de la Belgique Belgique
Genre drame
Sortie 19 Septembre 2018

Sofia, 20 ans, vit avec ses parents à Casablanca. Suite à un déni de grossesse, elle se retrouve dans l’illégalité en accouchant d’un bébé hors mariage. L’hôpital lui laisse 24h pour fournir les papiers du père de l’enfant avant d’alerter les autorités…

Au Maroc, les relations sexuelles sont interdites hors mariage. C’est sans doute pour ça que la jeune Sofia fait un déni de grossesse. Lorsque l’heure de l’accouchement est arrivée, le problème se pose… Durant la première partie, l’impression de déjà vu perdure; nombre de films iraniens ou tunisiens ont déjà traîté de la difficulté d’être femme dans certains pays. On s’intéresse tout de même à la relation entre Sofia et sa cousine issue dans mariage binationale, beaucoup plus libre et moderne que sa jeune cousine. A mi-chemin, le film prend une autre dimension avec un twist qu’on ne peut révéler et qui met en valeur toutes les contradictions d’une société tellement corsetée qu’elle pousse les individus qui la composent à tous les calculs et les compromissions. Passionnant alors, « Sofia » est une vraie réussite qui évoque notamment les films de Farhadi dans sa manière de brosser à partir d’une histoire simple le portrait d’un pays.

4.5