Critique: Shéhérazade

5826331.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Zachary, 17 ans, sort de prison.
Rejeté par sa mère, il traîne dans les quartiers populaires de Marseille. C’est là qu’il rencontre Shéhérazade…

Sélectionné à la Semaine de la Critique et Prix Jean Vigo, ce premier film de Jean-Bernard Marlin se fait remarquer partout où il passe. Sorte d’hybride entre le film de gangsters scorsesien et le naturalisme de Kechiche, « Shéhérazade » est l’histoire d’une rencontre entre un jeune mineur tout juste sorti de prison et une jeune prostituée. Ces deux êtres à la dérive vont chuter ensemble, malgré leur amour, pour mieux grandir et se relever. D’un côté, Zachary s’amuse de la boutade de son geôlier le jour de la sortie qui lui lance « à bientôt », certain de ne pas rechuter. Quelques minutes plus tard, lorsqu’il voit que sa « daronne » n’est pas dehors pour sa sortie et qu’elle « ne peut plus s’en occuper », ses certitudes sont bousculées et sa seule issue est de retrouver ses amis avec qui il a fait les 400 coups. De l’autre, il y a la jeune Shéhérazade, qui se prostitue pour survivre dans un appart miteux en compagnie d’une collègue transexuelle. Ces trois personnages vont alors trouver leur compte à s »‘associer », un revenu pour Zachary et une protection pour Shéhérazade et sa copine. Dans un microcosme où le respect de la femme n’existe pas, Zachary va avoir du mal à assumer sa relation.

Extrêmement noir, le film surfe tout de même sur des thèmes extrêmement plombant que ce soit la prostitution, la drogue, la prison, la violence et pourtant… Dès la première nuit entre Zach et Shéhérazade, enlacés, à la lueur d’une veilleuse en forme de canard, la jeune fille suçant son pouce, la douceur et la tendresse surgit et restera comme un signe d’espoir tout au long du film. Violent, noir, glauque mais baigné d’un romantisme fou, « Shéhérazade » est l’un des premiers films les plus marquant de l’année!

4.5

 

Critique: Un 22 Juillet

3147085.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Titre original 22 July
Réalisation Paul Greengrass
Scénario Paul Greengrass
Acteurs principaux

Anders Danielsen Lie
Jon Øigarden

Sociétés de production Scott Rudin Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
Durée 143 minutes
Sortie 10 Octobre 2018 sur Netflix

La véritable histoire de l’attaque terroriste la plus meurtrière jamais perpétrée en Norvège. Le 22 juillet 2011, 77 personnes sont tuées lorsqu’un ultranationaliste d’extrême droite fait exploser une bombe artisanale placée dans une voiture à Oslo avant de commettre une fusillade dans un camp d’été de jeunes. À travers le combat physique et psychologique d’un jeune survivant, « Un 22 Juillet » décrit un pays qui tente tant bien que mal de surmonter le drame et de panser ses plaies.

Après « Bloody Sunday » (le conflit irlandais), « Vol 93 » (le 11 septembre) et « Captain Philips » (la piraterie en Somalie), Paul Greengrass continue à filmer dans son style documentaire les traumatismes de ces dernières années. Avec « Un 22 Juillet », il s’intéresse au parcours du Norvégien Anders Breivig qui, après avoir fait exploser une bombe au pied de l’immeuble du Gouvernement, était allé sur une île exécuter des dizaines de jeunes ados, tout ça au nom d’une idéologie nazie. Après une demi-heure où l’on suit le déroulé de cette terrible journée du 22 juillet, le film se focalise sur l’après, que ce soit le procès, les face à face entre Breivig et son avocat mais également sur le combat de l’une de ses victimes. Le jeune Viljar Hanssen, touché de cinq balles et laissé pour mort, survécut, y laissant un oeil, quelques doigts et surtout son innocence. La prestation d’Anders Danielsen Lie est bluffante de froideur et de détermination. Glaçant mais aussi émouvant, « Un 22 juillet » est là pour rappeler que la bête est malheureusement plus que jamais en vie et qu’il faut la combattre.

4.5