Critique: I Am Not A Witch (FIFIB 2017)

Refusant de répondre à une accusation de sorcellerie, une petite fille de 9 ans est envoyée de force dans un camp de femmes-sorcières. Rebaptisée Shula, la fillette est soumise à un sortilège qui l’empêche de s’enfuir. Elle est désormais au service du ministère du Tourisme et des Croyances Traditionnelles qui l’utilise à son gré. 

Premier film de la réalisatrice Rungano Nyoni, « I am not a witch » mêle réalisme documentaire et fable satirique. Dans un pays d’Afrique indéfini, certaines femmes qualifiées de sorcières sont mises de côté et exposées par le Ministère du Tourisme aux touristes du monde entier. Une enfant de 9 ans subit le même sort, utilisée par exemple pour désigner les coupables de divers forfaits. Si l’on peut regretter une certaine froideur du traitement, ce premier film se distingue par sa superbe photographie et un sens du cadre assez rare. La force du sujet et les qualités plastiques du film révèlent une réalisatrice à suivre!

Critique: Jusqu’à la Garde

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Réalisation Xavier Legrand
Scénario Xavier Legrand
Acteurs principaux
Sociétés de production KG Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame
Durée 93
Sortie 7 février 2018

Après qu’une juge ait prononcé une garde alternée en faveur d’un père accusé de violences par son ex-compagne, leur fils se retrouve pris en otage du conflit parental.

Premier film de Xavier Legrand, « Après la Garde » est projeté hors compétition au FIFIB alors qu’il vient de décrocher le prix du Meilleur réalisateur lors de la dernière Mostra de Venise. Le film s’ouvre sur l’audience d’un couple en pleine séparation. Le couple (Denis Ménochet et Léa Drucker) a deux enfants, une grande fille de 17 ans et un petit garçon d’une dizaine d’années . C’est pour sa garde que les parents « s’affrontent » et si l’on en croit la lettre que lit la juge, le petit ne veut plus voir son père. Sous ses airs bourrus, il semble malgré tout aimant; il vient d’ailleurs de demander sa mutation pour se rapprocher de son fils. Une ellipse nous amène quelques semaines après et le père peut récupérer son fils un week-end sur deux. Mais rien n’est simple quand l’enfant semble tétanisé par son père et que la mère refuse d’adresser la parole à son ex-mari. La succession de plans séquences choisi par Xavier Legrand renforce le réalisme de son sujet et nous amène à entrer de plain pied dans l’intimité de cette famille éclatée. On apprend à connaître ces personnages et deviner leur vie passée. Dans un style proche de Joachim Lafosse, notamment « A perdre la Raison », le film dégage une force et une puissance rare, sans artifices de mise en scène (notamment l’absence de musique) et le casting n’y est pas pour rien: Denis Ménochet, tout en force et violence mais aussi parfois émouvant, Léa Drucker, mère courage, et le petit Thomas Gioria, impressionnant de justesse en enfant tiraillé entre ses parents. A le voir broyé entre sa mère qui le force à mentir et son père qui veut l’utiliser pour se rapprocher de son ex femme, on passe le film bouleversé, choqué, jusqu’à un final qui ne laissera personne indemne. Si au cinéma, le terme « claque » est souvent galvaudé, c’est pourtant l’effet que laisse « jusqu’à la garde »! Une énorme claque!

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