CRITIQUE DVD: LE RODEUR

Depuis quelques jours est sorti le 6ème tome de la fabuleuse collection « Classics Confidential » chez Wild Side Video, « le Rôdeur » de Joseph Losey. Il inaugure une collection dans la collection: la série « art of noir » qui, comme son nom l’indique proposera essentiellement des films « noirs ».

Tout d’abord, petit rappel sur cette collection; pour chaque sortie, on trouve un chef d’oeuvre du cinéma, pas forcément très connu accompagné, outre les bonus de rigueur d’un livre de 80 pages écrit par les plus grands spécialistes. Sont déjà parus « la femme au portrait » et « la rue rouge » de Fritz Lang, « la chevauchée des bannis » d’André de Toth, « menaces dans la nuit » de John Berry, « la forêt interdite » de Nicholas Ray et « le convoi sauvage » et « le fantôme de Cat Dancing » de Richard Sarafian, que du bon!

LE FILM:

Un soir, à Los Angeles, le policier Webb Garwood et son coéquipier Bud Crocker répondent à l’appel de Susan Gilvray, qui croit avoir entendu un voleur rôder autour de chez elle. Les policiers ne découvrent rien d’anormal, mais, peu après, Webb retourne chez Susan pour s’assurer, dit-il, que tout va bien. Il est en fait très attiré par cette femme  qui passe ses soirées seule car son mari William, un animateur de radio, travaille presque toujours de nuit….

Sorti en 1951, ce troisième film de Losey est aussi son avant-dernier film sur le sol américain avant un exil forcé en Angleterre pour cause de Maccarthysme et de « liste noire », Losey étant membre du parti communiste. Au scénario, un autre blacklisté, Dalton Trumbo, qui n’apparaît d’ailleurs pas au générique! Ce duo nous offre un film noir dans la plus pure tradition! Le film est passionnant dès les premières secondes, avec ce prologue dans lequel on voit Evelyn Keyes se sécher dans sa salle de bain et s’apercevoir de la présence d’un rôdeur qui l’observe. Après ce début très proche du thriller pur, on s’aperçoit que ce rôdeur n’est finalement qu’un prétexte à la rencontre avec le flic Webb et l’on bascule alors dans le film noir avec le thème de l’amant envahissant. Magnifique, le scénario ménage quelques surprises et permet à Evelyn Keyes de trouver un rôle tout en ambiguité et à Van Heflin de prouver à nouveau à quel point son talent a été sous-estimé.

Cerise sur le gâteau, Wild Side nous présente le film dans une version restaurée de toute beauté!

LES BONUS:

Outre, des filmos et une galerie photos, est présent sur le disque « The Cost of living : Creating the Prowler »,  un documentaire avec James Ellroy sur la genèse et le tournage du film, parfait complément au livre « clandestine grandeur » d’Eddie Muller, écrivain et spécialiste du film noir. Un seul mot: l’extase!

EN CONCLUSION:

Encore un film indispensable dans une collection que tout cinéphile doit posséder dans sa vidéothèque (ou sa bibliothèque!).

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