CRITIQUE: PANIC SUR FLORIDA BEACH (1993)

Key West, Floride, 1962. Alors que la population de cette petite ville sombre dans la paranoïa la plus totale en raison de la crise des missiles cubains, tout comme le pays tout entier, le réalisateur Lawrence Woosley vient présenter son nouveau film fantastique « Mant » (l’homme fourmi)…

La réédition en dvd/blu ray par Carlotta me donne l’occasion de vous dire quelques mots sur ce film culte quasi introuvable en video chez nous hormis dans une édition aux qualités techniques plus que limites. Réalisé en 1993 par Joe Dante juste après « Gremlins 2 », le film dont le titre original est « Matinee », comme ne le laisse pas présager le pitoyable titre français, sort aussi bien aux Etats-Unis qu’en France dans un anonymat complet. Il faut dire que le film de Joe Dante est un objet inclassable qui mit les distributeurs devant un casse-tête: « comment vendre un tel film? ».

Joe Dante a souhaité rendre un hommage aux films de série Z qui envahissaient les écrans américains à la fin des années 50 (l’homme qui rétrécit, planète interdite, Tarantula…) et à ses réalisateurs (Ed Wood, Jack Arnold..) , en particulier à William Castle. En effet, le personnage principal incarné par le génial John Goodman, fortement inspiré par Castle, lance à chaque film un nouveau procédé pour attirer le public comme le « rumblerama » qui fait trembler les sièges à certains passages du film. Ces réalisateurs, à l’image de Méliès, considéraient le cinéma quasiment comme une attraction de fête foraine et c’est à ce genre de cinéma que Joe Dante a souhaité rendre hommage, celui de son enfance. Son film, plutôt une comédie, nous dépeint donc une Amérique à bout de nerfs qui se change les idées en allant voir ces doubles séances peuplées de monstres symbolisant le grand ennemi communiste.

La ressortie de ce film, à classer à côté de « la rose pourpre du Caire » ou d' »Ed Wood » permet donc de découvrir ou de redécouvrir « Matinee » dans une version techniquement irréprochable avec un John Goodman dans un de ses meilleurs rôles et qui constitue peut-être le meilleur film de Joe Dante, du moins celui qu’il préfère. Comme toujours chez Carlotta, les bonus sont à la hauteur: on y trouve entre autres une passionnante interview de Joe Dante par Michael Henry Wilson (auteur des indispensables entretiens avec Scorsese ou Eastwood) et le court-métrage « Mant » dans son intégralité. Un bijou! Merci Carlotta!

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