MON CINEMA A MOI: BERTRAND TAVERNIER

Voici une nouvelle rubrique dont je suis très fier! Je vais tenter, de temps en temps de poser quelques questions à des personnalités du 7ème art sur leurs goûts en la matière, un peu à la manière « dis-moi ce que tu regardes, je te dirai qui tu es! ».

Au niveau de la régularité, je ne vous promets rien; ces gens-là sont très occupés et n’ont que faire du pauvre blogger que je suis. Pourtant, un cinéaste, et pas des moindres, a accepté de répondre à mes quelques questions: l’immense Bertrand Tavernier. Les réponses sont assez brèves mais l’entretien s’est fait par mail, ce qui limite les possibilités. Cela permet toutefois de comprendre l’étendue du savoir en la matière du réalisateur du »juge et l’assassin » et de « la princesse de Montpensier » et ne peut que vous inciter à lire très vite son ouvrage fabuleux « mes amis américains ».

Bertrand Tavernier. Little Bear

 

                 SUR LE CINEMA EN GENERAL

–       Votre premier souvenir de cinéma ?

       J’ai mis très longtemps à découvrir qu’il s’agissait de  » Dernier Atout » de Jacques Becker.

 

 

–       Si vous deviez sauver trois films, lesquels seraient-ils ?

      Trop difficile:un Renoir, un Ford, un Michael Powell mais ce serait horrible pour les autres!

–       Si vous deviez garder un seul dvd, quel serait-il ?

       Idem!

–       Votre comédie musicale préférée ?

       Je déteste les listes, les hiérarchies. Si je dis « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen, j’ai envie d’ajouter « Tous en scène » (« the bandwagon ») de Vincente Minelli, « les 7 femmes de Barberousse » de Stanley Donen, « Funny face » de Donen également et « Top hat » de Mark Sandrich.

 

–       Votre film de guerre préféré ?

        « Enfants de salauds » (« play dirty ») d’André de Toth, « Attack » de Robert Aldrich , « La 317ème section » de Pierre Schoendorffer, « le merdier » de Ted Post, la scène de guerre de « Monkey on my back » d’André de Toth, celle de « Pride of the marines » de Delmer Daves et « la mer cruelle » de Charles Frend.

 

    

       Votre western préféré ?

       « La prisonnière du désert » de John Ford, « 3 H 10 pour Yuma » de Delmer Daves, « la colline des potences » de Delmer Daves encore, « la poursuite infernale » de John Ford, « les affameurs » d’Anthony Mann, « Law and order » de Edward L. Cahn,  » la vallée de la peur » de Raoul Walsh, « la fureur des hommes » d’Henry Hattaway.

 

       Votre polar préféré ?

        « Pitfall » d’André de Toth, « l’enfer est à lui« (« White heat ») de Raoul Walsh, « classe tous risques » de Claude Sautet,  » Maigret tend un piège » de Jean Delannoy, « La vérité sur bébé Donge » de Henri Decoin, « Laura » d’Otto Preminger, « memory of murders » de Bong Joon-Ho, « chien enragé » d’Akira Kurosawa,  » il pleut toujours le dimanche » de Robert Hamer, et « High and low » de Kurosawa.

 

       Votre dernier coup de cœur dans les salles ?

         » Au fond des bois » de benoît Jacquot et « Inside job » de Charles Ferguson.

 

       Quel(s) réalisateur(s)  admirez-vous le plus aujourd’hui ?

        Olivier Assayas, Xavier Giannoli, Benoît Jacquot.

       Que justifie cette admiration que vous éprouvez pour le cinéma américain ?

        Il y a eu des auteurs magistraux de Ford à Lubitsch, de Mankiewicz à La Cava et Walsh.

       Est-il plus facile de tourner aujourd’hui « dans la brume électrique » aux Etats-Unis ou « la Princesse de Montpensier » en France, en terme de liberté artistique ? Et tourneriez-vous à nouveau outre-Atlantique ?

          C’est aussi difficile et non, je ne tournerai plus aux Etats-Unis.

       Que pensez-vous de l’évolution du cinéma avec l’apparition de la 3D en particulier ?

        Aucune idée.

       SUR VOTRE DERNIER FILM

       Les films en costume sont chose rare au cinéma de nos jours. Est-il facile de trouver les financements pour ce genre de film aujourd’hui ? 

         Non, pas du tout.

       Vous portez toujours à travers vos films un regard critique sur le monde. Dans ce projet, qu’est ce qui vous a donné envie d’adapter ce texte de Madame de Lafayette ?

        Le personnage de Marie, celui de Chabannes et l’histoire d’amour où l’on prenait le parti de la femme.

       Le casting de votre film est très réussi, avec une révélation, Raphaël Personnaz, que j’ai découvert et que j’ai trouvé fantastique dans le rôle du duc d’Anjou. Lors de l’écriture, aviez-vous déjà ces comédiens en tête ?

       Seulement Gaspard Ulliel et Grégoire Leprince-Ringuet.

       Avez-vous déjà d’autres projets ?

        Oui mais aucune réponse des financiers pour le moment.

       Pour finir, vous formez, avec des metteurs en scène comme Tarantino ou Scorsese, un cercle très restreint de cinéastes cinéphiles, dotés d’une culture impressionnante. Et cela semble dans la plupart des cas un gage de qualité. Cette culture cinématographique ou générale semble se perdre chez les jeunes aujourd’hui (ce n’est pas un vieux qui vous parle, j’ai 33 ans), que préconiseriez-vous pour intéresser cette jeunesse ?

        D’être curieux et il y a d’autres metteurs en scène cinéphiles comme Alexander Payne, Olivier Assayas, Benoît Jacquot, Xavier Giannoli et plein d’autres en Europe.

Entretien réalisé par CINEDINGUE en mars 2011.

Je tiens encore une fois à remercier chaleureusement M. Tavernier de m’avoir accordé un peu de son temps précieux en espérant avoir l’occasion de le rencontrer plus longtemps une prochaine fois.

 

 

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s