CRITIQUE: MY BLUEBERRY NIGHTS (2007)

Mars Distribution

J’attendais la diffusion du dernier Wong Kar Wai avec une certaine fébrilité teintée d’une immense curiosité: a-t-il réussi à mettre les pieds sur le sol américain sans perdre son identité comme certains prédecesseurs au style bien particulier, John Woo pour ne pas le citer. Ce dernier s’était complètement fait pulvériser par le tout puissant système américain en leur livrant d’inoubliables nanars comme « Chasse à l’homme » ou « paycheck ». Et bien la réponse est oui mais…

Il nous conte ici l’histoire d’Elisabeth qui va parcourir les Etats-Unis, de boulot en boulot, pour oublier sa dernière histoire d’amour qui a mal fini. Elle va croiser tout un tas de personnages (Jude Law en patron de bar qui collectionne les trousseaux de clé que lui laissent ses clients, David Strathairn déprimé alcoolique ou encore Nathalie Portmann, accro du poker) qui vont lui permettre de se reconstruire et de donner un sens à sa vie.

On découvre une actrice qu’on connaissait pour ses dons de chanteuse, Norah Jones, et dont on reparlera comme actrice tant elle dégage de magnétisme. On retrouve la patte de Wong Kar Wai avec une photo magnifique; il s’est pourtant brouillé avec son chef op’ habituel, Christopher Doyle et s’est rabattu sur Darius Khondji à qui l’on doit la photo de Seven ou de Delicatessen. Les ralentis caractéristiques sont toujours là eux aussi. Et pourtant, même si tous les ingrédients habituels sont là, il manque un peu de la magie qu’on trouvait dans ses précédents films. Par contre, on se console avec un des plus beaux baisers de cinéma entre Norah Jones et Jude Law et un happy end, chose inhabituelle chez le metteur en scène chinois.

On assiste donc à un très joli film à qui il manque juste une étincelle pour en faire un grand film.

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