Livre: A la porte du Paradis de Michael Henry Wilson

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C’est lorsqu’il entre dans l’Histoire que le Nouveau Monde perd son aura mythique. Les pionniers en quête de la terre promise comprennent, trop tard, qu’ils sont en train de reproduire l’Ancien. Comme si la porte du paradis se refermait au moment même où ils croyaient l’avoir retrouvé.
Tel est le fil rouge qui court à travers la vaste tapisserie du cinéma américain, de D.W. Griffith à David Lynch, de F.W. Murnau à Terrence Malick. Si l’on en croit les conteurs de l’âge classique, les grilles du Jardin d’Éden sont restées entrouvertes. Les modernes, eux, proclament que nous en avons été exilés : le romanesque ne se nourrit plus d’espérance, mais de désenchantement.
Cet imaginaire hollywoodien toujours tiraillé entre le ciel et l’enfer, Michael Henry Wilson nous invite à le revisiter, quand ce n’est à le revivre, dans sa prodigieuse effervescence.

Voilà un ouvrage que tout amateur de Cinéma américain et de Cinéma tout court que se doit de posséder dans sa bibliothèque! Survolant toutes les époques, le regretté Michael Henry Wilson retrace un panorama de ce qui se fait de mieux, des incontournables tels que  Murnau, Capra, Lynch ou Scorsese en passant par quelques géants moins connus comme Fuller ou Bob Fosse. Passionné et passionnant!

  • Broché: 640 pages
  • Editeur : Armand Colin (7 mai 2014)
  • Collection : Hors collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2200286457
  • ISBN-13: 978-2200286453
  • Dimensions du produit: 23 x 4 x 28 cm

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CRITIQUE: MY BLUEBERRY NIGHTS (2007)

Mars Distribution

J’attendais la diffusion du dernier Wong Kar Wai avec une certaine fébrilité teintée d’une immense curiosité: a-t-il réussi à mettre les pieds sur le sol américain sans perdre son identité comme certains prédecesseurs au style bien particulier, John Woo pour ne pas le citer. Ce dernier s’était complètement fait pulvériser par le tout puissant système américain en leur livrant d’inoubliables nanars comme « Chasse à l’homme » ou « paycheck ». Et bien la réponse est oui mais…

Il nous conte ici l’histoire d’Elisabeth qui va parcourir les Etats-Unis, de boulot en boulot, pour oublier sa dernière histoire d’amour qui a mal fini. Elle va croiser tout un tas de personnages (Jude Law en patron de bar qui collectionne les trousseaux de clé que lui laissent ses clients, David Strathairn déprimé alcoolique ou encore Nathalie Portmann, accro du poker) qui vont lui permettre de se reconstruire et de donner un sens à sa vie.

On découvre une actrice qu’on connaissait pour ses dons de chanteuse, Norah Jones, et dont on reparlera comme actrice tant elle dégage de magnétisme. On retrouve la patte de Wong Kar Wai avec une photo magnifique; il s’est pourtant brouillé avec son chef op’ habituel, Christopher Doyle et s’est rabattu sur Darius Khondji à qui l’on doit la photo de Seven ou de Delicatessen. Les ralentis caractéristiques sont toujours là eux aussi. Et pourtant, même si tous les ingrédients habituels sont là, il manque un peu de la magie qu’on trouvait dans ses précédents films. Par contre, on se console avec un des plus beaux baisers de cinéma entre Norah Jones et Jude Law et un happy end, chose inhabituelle chez le metteur en scène chinois.

On assiste donc à un très joli film à qui il manque juste une étincelle pour en faire un grand film.