LISEZ LE NUMERO D’ETE DE « POSITIF »!

Je ne saurais que trop vous recommander le dernier numéro de l’excellente revue « Positif » qui, même si je ne partage pas tout le temps l’opinion, a le mérite de faire appel à des critiques qui savent de quoi ils parlent, je pense notamment au passionnant Philippe Rouyer.

Bref, dans ce numéro, vous trouverez après le très pertinent edito du célèbre Michel Ciment (dois-je vous rappeler qu’il est l’auteur du meilleur livre d’entretiens qui concerne Kubrick!), un dossier tout bonnement monstrueux sur Claude Chabrol qui dissèque son oeuvre et donne la parole à d’anciens collaborateurs comme Isabelle Huppert, Stéphane Audran ou Odile Barski. Vous y trouverez également un excellent dossier sur la dernière édition du Festival de Cannes avec une fiche sur chaque film, de passionnants papiers sur Terrence Mallick et Kim Jee-Woon et les critiques habituelles!

Tout ça pour la modique somme de 10 euros! Ca vous paraît peut-être cher mais si l’on compare la dizaine d’heures dont j’ai eu besoin pour en arriver au bout avec les 28 minutes dont j’ai besoin pour éplucher Première…

COPACABANA (2010)

Inconséquente et un peu fofolle sur les bords, Babou ne montre aucun intérêt pour la réussite professionnelle; elle n’a pas peur de lâcher un boulot au bout de deux heures si elle n’y trouve pas son compte. Sa fille, lassée de l’originalité de sa mère, lui fait alors comprendre qu’elle ne souhaite pas sa présence à son mariage. Elle a déjà prévenu sa belle-famille que sa mère est en voyage au Brésil (le pays dont rêve Babou). Piqué au plus profond de son âme de mère, Babou accepte un emploi de commerciale à Ostende où elle devra vendre des appartements en multi-propriété. Elle est bien décidée à redorer son blason et offrir à sa fille un cadeau de mariage digne de ce nom…

Ce film est une des plus belles surprises de l’année 2010! Marc Fitoussi, dont c’est le deuxième long métrage après « la vie d’artistes », réussit à la fois un film drôle et tendre sur l’amour et les relations mère-fille mais aussi un vrai film social. C’est une vraie critique acerbe du milieu commercial et de ces boulots dans lesquels il faut aller chercher le client coûte que coûte et arracher des signatures. Mais tout cet aspect un peu noir, un peu « loachien », est toujours contrebalancé par les moments de grâce pure que nous offrent Isabelle Huppert qui étale un potentiel comique hallucinant et pourtant si rarement exploité.Chaque scène avec sa fille, incarnée par Lolita Chammah, sa fille à la ville, sonne toujours très juste et sont de vrais moments de bonheur comme la scène du mariage qui restera dans les mémoires.

100 minutes de bonheur et l’un des meilleurs films de l’année avec une Isabelle Huppert phénoménale.