LIFEBOAT (1943)

Un navire américain est coulé par un sous-marin allemand. Les survivants gagnent un canot de sauvetage, bientôt rejoints par Willy, un marin appartenant à l’équipage du sous-marin allemand, également naufragé. Tandis que Willy prend le contrôle de l’embarcation, une liaison semble naître entre deux rescapés, la journaliste Constance Porter et le mécanicien Novak.

Réalisé en 1943, le film d’Hitchcock fit scandale aux Etats-Unis, montrant un Nazi supérieur aux Américains dans le domaine de la navigation. Le fait est qu’à cette époque les Alliés n’étaient pas en position de force vis-à-vis des Allemands. Les personnages devront tous s’unir pour combattre l’ennemi, tout comme les pays alliés. Sur la forme, ce film d’Alfred Hitchcock est tour de force comme il en raffole. En effet, faire un film de 90 minutes entièrement sur une chaloupe avec neuf personnages tient de l’exploit, surtout à cette époque compte tenu des limites techniques. L’exploit est réussi, tant le film est passionnant de bout en bout, chargé de tension psychologique et de scènes choc comme la mort du bébé ou l’amputation de la jambe d’un des personnages.

Pour la petite histoire, Hitchcock a résolu le problème de son apparition traditionnelle à l’écran en illustrant de sa photo une publicité pour un régime , dans le journal lu par l’un des passagers de la chaloupe.

Un grand film dans la carrière d’Hitchcock, le seul tourné chez la Fox, mais peu connu. Disponible en dvd chez Fox donc, mais dont je vous recommande l’édition collector double dvd, en raison d’un bonus fabuleux: une interview d’une heure du Maître qui revient sur certains de ses films.

HITCHCOCK, UNE VIE D’OMBRES ET DE LUMIERE: UN LIVRE INDISPENSABLE

Ca y est! Je viens de terminer la lecture d’un livre indispensable sur le Maître Sir Alfred Hitchcock.

C’est peut-être le cinéaste dont n’importe quel néophyte peut reconnaître la patte au premier coup de caméra, tant son style visuel est unique. C’est en outre le seul dont on ne peut confondre la silhouette, reconnaissable au point qu’elle fut caricaturée par l’intéressé lui-même en trois fameux coups de crayons. Bien plus qu’un faiseur de chefs-d’œuvre, Alfred Hitchcock est cette icône si caractéristique que le spectateur s’est approprié amoureusement et qu’il s’est chargé de mettre sur un piédestal. Face à Sueurs Froides, L’Homme qui en savait trop ou La mort aux trousses, on ne regarde plus “un film réalisé par”, ni même “un film de”, mais bien plutôt un “Hitchcock movie“.

 

Mais c’est justement lorsqu’on croît dur comme fer connaître tout de lui, qu’un pavé est lancé dans la mare. Riche de quelque 1120 pages, parcouru d’une centaine d’illustrations, “Alfred Hitchcock, une vie d’ombres et de lumière” apporte effectivement un éclairage inédit et insoupçonné sur le “maître du suspense”. S’inspirant de tout ce qui s’était écrit jusqu’alors sur le sujet tout en prenant ses distances – “il y avait tellement d’informations erronées facilement repérables, d’énormes lacunes dans les recherches ou encore des théories douteuses. La plupart des ouvrages étaient des essais, dont les éléments rapportés étaient insuffisants” – Patrick McGilligan, biographe chevronné déjà auteur d’essais remarqués sur Robert Altman, Fritz Lang, Clint Eastwood ou Ginger Rogers, est allé “aux sources“, accumulant témoignages et documents d’archives pour la plupart inédits. Surtout, il s’est livré à une analyse approfondie des 53 films et autres travaux télévisuels et courts-métrages du réalisateur, pour livrer ce que Bertrand Tavernier en personne considère comme “l’ouvrage indépassable sur Alfred Hitchcock” avec celui de François Truffaut.

On y apprend entre autres l’importance capitale d’Alma Reville, son épouse, dans sa vie privée comme professionnelle – elle était sa plus fidèle scénariste- ou encore son penchant pour un certain humour grivois peu du goût de nombre de ses actrices… En plus d’un portrait détaillé du maître, le livre permet une vraie plongée au coeur de l’âge d’or du cinéma hollywoodien. Le lecteur se retrouve plongé au milieu des Clark Gable, James Stewart, Ingrid Bergman,…

Un ouvrage magnifique qui donne la furieuse envie de revisionner tous ses films! Et en plus, il est presque donné (32 euros!).