CRITIQUE: CHRONIQUES D’UN IRAN INTERDIT (2011)

Chroniques d'un Iran interdit, un documentaire de Manon Loizeau

La semaine dernière, un fabuleux documentaire a été diffusé sur Arte, intitulé « chroniques d’un Iran interdit » et réalisé par la journaliste Manon Loizeau. Envoyée couvrir les élections en Iran en 2009, en particulier la défaite annoncée de Mahmoud Ahmadinejad, elle assiste, malgré le vent de révolte qui semble souffler sur le pays, à la réélection du dictateur qui ne tarde pas à faire retomber une chape de plomb sur l’Iran. Comme tous les journalistes occidentaux, Manon Loizeau est priée de quitter le pays. Elle n’abandonne pas pour autant et confie la mission hautement dangereuse à certains révoltés de capturer des images de la répression. C’est ce mélange d’images en caméra cachée et d’interviews qui compose ce bouleversant documentaire à découvrir absolument si vous l’avez raté. Il nous fait réaliser que notre pays est privilégié et que certains donnent leur vie pour faire entendre leur voix et c’est en cela que même très dur le film est malgré tout porteur d’espoir. Bravo à Manon Loizeau qui fait honneur à son métier et à Arte qui montre comme toujoursson exigence dans la programmation.

CRITIQUE: 4 MOIS, 3 SEMAINES , 2 JOURS (2007)

Festival de Cannes oblige, hier soir, je décide de visionner le dvd de la dernière palme d’or: « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » du Roumain Cristian Mungiu.

Le jeune metteur en scène nous conte l’histoire de deux amies sous le régime de Ceaucescu dont une est enceinte et souhaite avorter: un crime sous le régime communiste roumain! Les deux jeunes femmes vont réunir les fonds nécessaires afin d’organiser ,avec l’aide d’un faiseur d’anges, l’avortement en question. Ce qui nous donne à voir la vie à Bucarest il y a vingt ans, faite de petites combines en tous genres dans le seul but d’échapper un peu à la misère ambiante.

Pour servir son propos, Mungiu opte pour un style minimaliste, proche du documentaire. En effet, on peut noter par exemple l’absence totale de musique durant tout le film, même pendant les génériques. D’autre part, l’usage quasi-systématique des plans-séquences nous tient à l’écart des protagonistes. Il est très difficile de s’approprier ces personnages tant Mungiu nous en tient éloignés: pas un seul gros plan lors de scènes de dialogues toutes filmées de profil dans un plan large. On croirait vraiment assister à la scène de loin et il est très difficile d’éprouver quelconque empathie pour les deux héroïnes du film.

Ce côté glacial et  documentaire est la principale qualité du film mais aussi son plus gros défaut. On doit toutefois reconnaître au réalisateur d’avoir su malgré tout créer un climat angoissant sans artifices de mise en scène.

Ce film est donc un véritable plaidoyer pour le droit à l’avortement et plus largement pour la liberté. Mais Mungiu commet pour clore son film une erreur monumentale lorsqu’il filme en gros plan le foetus par terre au milieu de la salle de bain! Quoi de mieux pour donner du grain à moudre aux anti-ivg qu’une image aussi horrible? Le film se termine donc sur cette bourde incompréhensible!

Et pourtant, la critique est unanime! A mon sens, un cinéaste prometteur mais une palme d’or totalement usurpée. J’aurais bien vu à sa place le film des frères Cohen « No country for old men », « le scaphandre et le papillon » ou encore le magnifique « la nuit nous appartient ».

Je serais curieux d’avoir votre avis là-dessus.