Critique: Les Garçons Sauvages (FIFIB 2017)

xl_event_101_20170914042824_22118911

Début du XXe siècle. Cinq garçons de bonne famille se comportent comme des sauvages et commettent d’odieux crimes. Afin de les discipliner, un capitaine les reprend en main le temps d’une croisière à bord d’un voilier. Les garçons sauvages accostent alors sur une île mystérieuse qui semble leur avoir jeté un sort étrange…

Premier long de Bertrand Mandico, « les Garçons Sauvages » a tout d’un favori pour ce FIFIB 2017. Tourné à 95% en noir et blanc, le film évoque le thème du genre et de la sexualité en multipliant les références, de Kubrick à Fassbinder, en passant par le Cinéma expressionniste et Cocteau. Cinq « garçons »  ( interprétés par cinq jeunes actrices fabuleuses) sont condamnés à partir en mer avec un marin retors et se retrouveront sur une île mystérieuse. Se nourrissant de fruits poilus et de sève tirée de plantes aux formes phalliques, ils vont se découvrir au plus intime de leur être. Aussi choquant que complètement barré, ce premier film est surtout un choc esthétique et son féminisme marqué s’avère des plus d’actualité en pleine affaire Weinstein!  Reste qu’à trop afficher son originalité, on peut légitimement se demander si « les Garçons sauvages » parviendra à trouver son public hors festival.

4.5

Critique: I Am Not A Witch (FIFIB 2017)

Refusant de répondre à une accusation de sorcellerie, une petite fille de 9 ans est envoyée de force dans un camp de femmes-sorcières. Rebaptisée Shula, la fillette est soumise à un sortilège qui l’empêche de s’enfuir. Elle est désormais au service du ministère du Tourisme et des Croyances Traditionnelles qui l’utilise à son gré. 

Premier film de la réalisatrice Rungano Nyoni, « I am not a witch » mêle réalisme documentaire et fable satirique. Dans un pays d’Afrique indéfini, certaines femmes qualifiées de sorcières sont mises de côté et exposées par le Ministère du Tourisme aux touristes du monde entier. Une enfant de 9 ans subit le même sort, utilisée par exemple pour désigner les coupables de divers forfaits. Si l’on peut regretter une certaine froideur du traitement, ce premier film se distingue par sa superbe photographie et un sens du cadre assez rare. La force du sujet et les qualités plastiques du film révèlent une réalisatrice à suivre!