LUCKY STAR (1929)

Carlotta fait l’actualité pour les cinéphiles avec la sortie simultanée de 3 blu-ray: « lucky star », « l’heure suprême » et « l’ange de la rue », trois films de Franck Borzage (prononcez Borzagui!), période muette.

Aujourd’hui, c’est du premier que je vous parlerai, les autres viendront plus tard.

1929, l’année du fameux jeudi noir est l’année de la réalisation de L’Isolé (Lucky Star) de Frank Borzage.

Pour ce film, Borzage retrouve pour la troisième fois en trois ans son couple d’acteurs fétiches que sont Janet Gaynor et Charles Farrell.
On a l’impression que ces trois là ne se quitteront plus mais pourtant, Lucky Star n’aura pas la portée qu’ont pu avoir L’Heure Suprême et L’Ange de la rue.

Quelque part aux États-Unis, Tim travaille dans une entreprise qui répare les câbles électriques, entreprise dirigée par Wrenn, un garçon un peu grande gueule et feignant par dessus le marché! Un peu plus loin vit Mary, jeune sauvageonne habitant un taudis avec une mère plutôt vacharde. Tim et Mary vont se rencontrer mais dans des conditions particulières; ils se quittent sur une fessée administrée par Tim à la jeune Mary. La guerre est déclarée et Tim est appelé sous les drapeaux. Il en reviendra dans un fauteuil roulant. Mary, loin d’avoir oublié la punition subie quelques temps auparavant voudra se venger mais quand elle découvrira le handicap de Tim, les deux personnages vont apprendre à se connaître, peut-être même jusqu’à s’aimer…

Alors qu’en 1929, le cinéma muet laisse sa place au cinéma parlant, Lucky Star est un échec aussi bien aux Etats-Unis qu’ailleurs. En France, Marcel Carné sera l’un des rares à défendre le film. Disparu de la circulation, il a été retrouvé dans les années 90, ce qui nous donne l’occasion de découvrir ce petit joyau dont la beauté de certains plans est à couper le souffle.

Les bonus sont à la hauteur puisqu’on retrouve « la femme au corbeau » un film oublié de Borzage dont quasiment la moitié a disparu. Les scènes manquantes sont remplacées par des photos de tournage et des intertitres. S’ajoute à ça une interview d’Hervé Dumont et un court-métrage parlant sur Enrico Caruso. Cerise sur le gâteau, le petit livret plein de photos. Merci Carlotta!!!! 

MEAN STREETS: UN BLU RAY D’ANTHOLOGIE!

1973: après un brouillon (who’s that knocking at my door) et un nanar (Boxcar Bertha), le jeune Martin Scorsese signe son premier chef d’oeuvre, Mean Streets. Il y relate l’histoire d’une bande de copains dans le Little Italy 70’s qui multiplient les combines pour se faire un peu d’argent.  Charlie, lui, a de meilleures chances car il a un oncle mafieux. Mais le problème se pose pour Johnny, un bagarreur inconscient, criblé de dettes. Lorsque celui-ci se procure une arme à feu et commence à faire le malin, ça dérape…

La carrière de Scorsese débute vraiment avec ce film et ce, grâce à John Cassavetes. Ce dernier, quand Scorsese lui montre Boxcar Bertha, lui dit en gros « qu’est-ce que c’est que cette merde! Tu devrais parler de ce que tu connais! ». Et il a suivi le conseil; c’est toute sa jeunesse qu’il raconte dans Mean Streets. Et même s’il est fait avec une certaine économie de moyens, on y retrouve tout le style Scorsese: la caméra à l’épaule, les longues séquences dialoguées que Tarantino s’appropriera, la bande originale farcie de tubes des 70’s et sa formidable direction d’acteurs (Keitel et De Niro y trouvent déjà un de leurs meilleurs rôles).

Déjà édité en dvd chez Aventi, le génial éditeur Carlotta le ressort en première mondiale dans une copie restaurée HD à couper le souffle. Et revoir le film en blu-ray dans ces conditions n’est pas le seul plaisir! Comme Carlotta nous y a habitués, la galette est truffée de bonus passionnants: une longue interview de Scorsese qui revient sur le film, une analyse éclairée du critique Kent Jones, deux featurettes sur les lieux de tournage, l’intégralité des courts-métrages qu’on voit au début du film, une interview passionnante du chef opérateur et cerise sur le gâteau (uniquement sur le blu-ray!), le documentaire « italianamerican » que Scorsese a réalisé, au cours duquel il interviewe ses parents sur son quartier et la vie des Italo-américains, qui pourrait justifier à lui seul l’achat du disque.

Merci Carlotta!