Critique: C’est ça L’Amour (les Arcs Film Festival – Compétition)

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Claire Burger

France

2018 / 98’ / VO : Français / tout public
Sortie: 27 mars 2019

Depuis que sa femme est partie, Mario tient la maison et élève seul ses deux filles. Frida, 14 ans, lui reproche le départ de sa mère. Niki, 17 ans, rêve d’indépendance. Mario, lui, attend toujours le retour de sa femme.

Mario, quinquagénaire, père de deux filles, Niki 17 ans, et Frida 14 ans, voit sa femme le quitter, à priori sans raison et va devoir tenter de surmonter la séparation et s’occuper de ses deux filles. Extrêmement dépendant affectivement de sa femme, il doit trouver la force de se battre d’autant que sa cadette semble avoir du mal, non seulement à accepter cette nouvelle situation, mais aussi à trouver sa voie à l’âge où l’on se construit. Pour son second film, 4 ans après la Caméra d’Or « Party Girl », la réalisatrice Claire Burger nous offre donc un récit largement autobiographique qui marque par sa finesse, sa justesse et son refus de céder au pathos. Bouli Lanners campe un touchant colosse aux pieds d’argile et à ses côtés les deux jeunes actrices Justine Lacroix et Sarah Henochsberg sont bluffantes de naturel et de présence. Le portrait de cette famille éclatée est une parfaite réussite et nous offre en outre peut-être la scène de baiser la plus émouvante depuis longtemps et un final tout simplement merveilleux! Le coup de coeur du Festival et certainement du public lors de sa sortie!

5

 

Critique: Joy (Les Arcs Film Festival – Compétition)

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Sudabeh Mortezai

Autriche

2018 / 100’ / première française / VO : Anglais

Joy est une jeune nigériane prise dans le cercle vicieux du trafic sexuel. Elle travaille dans la rue pour rembourser les dettes de son proxénète, tout en subvenant aux besoins de sa famille au Nigeria et en espérant une vie meilleure pour sa petite fille à Vienne. Joy a du mal à comprendre son rôle dans ce système impitoyable d’exploitation lorsqu’elle est chargée par son proxénète de superviser Precious, une adolescente fraîchement arrivée du Nigeria qui n’est pas prête à accepter son sort.

Le film autrichien de Sudabeh Mortezai s’ouvre sur une scène de rituel, au Nigéria, où l’on découvre une jeune fille et une sorte de marabout qui, apparemment la prépare à un voyage qu’elle va faire en Europe. Cette jeune fille arrive donc en Autriche et sera rebaptisée « Précious » et fait son entrée dans un réseau de prostitution dirigée par une femme. Elle sera supervisée par Joy une prostituée elle aussi nigériane, plus expérimentée. Tourné dans un style très documentaire, caméra à l’épaule, sans musique et succession de longues scènes dilatées à l’extrême, « Joy » détaille le mécanisme implacable d’un système dont on ne peut sortir. Achetées par une mama, ces jeunes filles qui rêvent d’une vie meilleure doivent « travailler » pour racheter leur liberté mais resteront malgré tout à la merci d’une expulsion, un retour à la case départ. Si le film est extrêmement documenté, il souffre malgré tout de quelques longueurs et d’une difficulté à porter autant d’intérêt à ces deux personnages féminins principaux.

3.5