CRITIQUE: PIEGEE

Agent d’élite, Mallory Kane est spécialiste des missions dans les endroits les plus risqués de la planète. Après avoir réussi à libérer un journaliste chinois retenu en otage à Barcelone, elle découvre qu’il a été assassiné – et que tous les indices l’accusent. Elle est désormais la cible de tueurs qui semblent en savoir beaucoup trop sur elle… Mallory a été trahie. Mais par qui ? Et pourquoi ?

Véritable touche-à-tout, Steven Soderbergh tisse une oeuvre on ne peut plus hétérogène depuis sa Palme d’Or en 1989 avec « Sexe, Mensonges et Video ». Alternant projets expérimentaux comme « Full Frontal » ou « Bubble » et grosses productions classieuses  comme « Ocean’s eleven » et ses suites, « Erin Brockovich », « Traffic » ou encore « Contagion », chacun de ses films défriche de nouveaux terrains.

Avec « Piégée », Soderbergh nous offre une pure série B d’espionnage pas vilaine du tout! Pour interpréter son héroïne, Mallory, une espionne à qui il vaut mieux ne pas chercher des noises, il fait appel à une championne de MMA (arts martiaux mixtes), Gina Carano. Pour lui donner la réplique, c’est un défilé de stars: Michael Douglas, Ewan McGregor, Michael Fassbender, Mathieu « j’vous encule tous » Kassovitz, Antonio Banderas et Channing Tatum!

Même si le scénario a quand même un sacré goût de déjà vu, Soderbergh parvient à ficeler un bon film d’action avec une héroïne tarantinesque, savant mélange de Jason Bourne et de John Matrix (Commando). Un charme particulier se dégage du film qui évite de tomber dans le rythme frénétique de la plupart des films d’action. Même les scènes d’action pure, peu découpées, montrent qu’on peut être efficace sans pour autant remuer sa caméra dans tous les sens au risque de filer une conjonctivite au spectateur et Soderbergh privilégie le réalisme au spectaculaire !

N’attendant pas grand chose du film, c’est une sacrée bonne surprise!

Dans un mois, Soderberg s’attaque au strip-tease masculin avec « Magic Mike »!

LA NOTE: 7,5/10

CRITIQUE: PROMETHEUS

Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend.

33 ans après le premier opus de la saga Alien déjà réalisé par lui-même, Ridley Scott revient avec un prequel, genre très à la mode en ce moment, qui vise à nous raconter ce qui s’est passé avant, comme l’a fait par exemple dernièrement « la Planète des singes, les origines ». Le but du jeu est donc ici de nous expliquer les origines des petites bebêtes de la saga, du vaisseau spatial en forme de fer à cheval et du fameux « Space jockey », espèce de géant fossilisé. Pour cela, Scott envoie une mission de scientifiques, à bord du Prometheus, à la recherche des origines de l’humanité, rien que ça!

Même si l’on est loin du naufrage annoncé, beaucoup de réserves subsistent sur ce « Prometheus »! Tout d’abord sur la raison d’être du film: n’est-il pas un peu dommage de chercher des explications à ce qui fait le mystère de la saga Alien ? Poser la question est un peu y répondre! Pour en venir au film lui-même, si l’on accepte ce postulat de départ, le gros défaut du film tient à son scénario? Outre le fait qu’il flirte régulièrement avec de la métaphysique de comptoir, le film semble souffrir de véritables trous dans son processus narratif comme si les coupes successives avaient sacrifié une vraie cohérence et simplifié à l’outrance certains personnages. Hormis les personnages du droïde, incarné par Fassbender, et d’Elisabeth Shaw, par la géniale Noomi Rapace, les autres sont complètement transparents. D’ailleurs, on pouvait voir dans les premières bandes annonces des scènes qui n’apparaissent pas dans le montage final!

Pour ce qui est du positif, du haut de ses 75 ans, Ridley Scott confirme qu’il est toujours un grand faiseur d’images! Brillamment mis en scène, bénéficiant d’une splendide photo et de décors fabuleux, « Prometheus » reste un spectacle efficace, un régal pour les yeux, assez fidèle à l’esthétique qu’avait créé H.R.Giger pour le « Huitième passager »!

NOTE: 6/10