Critique: Border

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Titre original Gräns
Réalisation Ali Abbasi
Scénario Ali Abbasi
Isabella Eklöf
John Ajvide Lindqvist
Acteurs principaux

Eva Melander
Eero Milonoff
Jorgen Thorsson
Ann Petrén
Sten Ljunggren

Sociétés de production META Film
Black Spark Film & TV
Karnfilm
Pays d’origine Drapeau de la Suède Suède
Genre fantasy
Durée 110 minutes
Sortie 2018

Tina, douanière à l’efficacité redoutable, est connue pour son odorat extraordinaire. C’est presque comme si elle pouvait flairer la culpabilité d’un individu. Mais quand Vore, un homme d’apparence suspecte, passe devant elle, ses capacités sont mises à l’épreuve pour la première fois. Tina sait que Vore cache quelque chose, mais n’arrive pas à identifier quoi. Pire encore, elle ressent une étrange attirance pour lui…

Second film de Ali Abbasi, « Border » est reparti de Cannes avec le prix Un Certain Regard et pour le coup, le regard que porte le cinéaste suédois sur la différence est original. On suit Tina, une douanière au physique très particulier et aux capacités hors norme. Elle parvient en effet à sentir la culpabilité des personnes qui passent au contrôle. Un jour, celle-ci contrôle un homme au physique proche du sien; les deux individus vont se fréquenter puis, petit à petit, se rapprocher jusqu’à ce que cet homme lui apprenne beaucoup sur son identité et ses origines qui ne seraient pas humaines. Ce conte fantastique porté par une actrice saisissante malgré les nombreuses prothèses dont elle est affublée surprend par son étrangeté et sa beauté formelle. Malgré le thème de la monstruosité, « Border » est également surprenant par la douceur et la tendresse qu’il dégage. Une curiosité!

4.5

Critique: Diamantino

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Réalisation Gabriel Abrantes
Daniel Schmidt
Scénario Gabriel Abrantes
Daniel Schmidt
Pays d’origine Drapeau du Portugal Portugal
Genre comédie dramatique
Durée 92 minutes
Sortie 27 novembre 2018

Magnifique, candide et attachant, Diamantino est l’icône planétaire du football, un héros flamboyant touché par la grâce. Quand soudain, en pleine Coupe du Monde, son génie s’envole dans les vapeurs roses de ses visions magiques, sa carrière est stoppée net. Problème : il ne connaît rien d’autre.
La star déchue, devenue objet de risée nationale, découvre alors le monde – les autres. Le voilà embarqué dans maintes péripéties qui mutent en odyssée : conspiration familiale (ses deux soeurs n’en veulent qu’à sa fortune), manipulations génétiques
délirantes, crise des réfugiés, complotisme de l’extrême-droite… Et, au beau milieu de cette tragédie, où son chat semble être son dernier supporter, pourtant, surgit l’Amour. Le vrai. C’était écrit.

Diamantino est LA star du foot au Portugual, le héros national, un peu à l’image d’un modèle bien connu, Cristiano Ronaldo, le même physique d’éphèbe et le même talent confinant au génie. Seul hic, il est un peu bas du front, ne connaissant absolument rien en dehors du carré de pelouse et des chiots géants qui courent autour de lui dans son imagination lorsqu’il est balle au pied! Il va pourtant prendre conscience, un jour sur son yacht, du monde qui l’entoure, lorsqu’il croisera la route de migrants sur une embarcation de fortune. Très vite les chiots vont disparaître et son mojo avec, en finale de coupe du monde, lorsqu’il ratera le penalty qui aurait sauvé son pays! Il va alors se remettre en question et décider d’adopter un petit africain. C’est sans compter sur ses soeurs jumelles guidées par l’appât du gain, l’état portuguais aux penchants nationalistes, des espionnes et un dérèglement hormonal qui lui fera pousser des seins!

Cette histoire complètement folle est totalement réjouissante aussi bien sur le fond que sur la forme. « Diamantino » brasse en effet tout un tas de thèmes forts comme la crise des migrants, la montée des nationalismes, la célébrité ou les manipulations génétiques avec un côté fourre-tout aux aspects queer des plus emballants. Quant à l’interprétation de Carlotto Cotta en ahuri puceau en quête d’amour, on est absolument sous le charme! Un OFNI à voir absolument!

4.5