Critique: Crawl

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Réalisation Alexandre Aja
Scénario Michael Rasmussen
Shawn Rasmussen
Acteurs principaux
Sociétés de production Raimi Productions
Ghost House Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre horreur
Durée 87 minutes
Sortie 24 juillet 2019

Quand un violent ouragan s’abat sur sa ville natale de Floride, Hayley ignore les ordres d’évacuation pour partir à la recherche de son père porté disparu. Elle le retrouve grièvement blessé dans le sous-sol de la maison familiale et réalise qu’ils sont tous les deux menacés par une inondation progressant à une vitesse inquiétante. Alors que s’enclenche une course contre la montre pour fuir l’ouragan en marche, Haley et son père comprennent que l’inondation est loin d’être la plus terrifiante des menaces qui les attend…

6 ans après son dernier film à sortir en salle, le séduisant « Horns » (entre temps son dernier film était directement sorti en VOD, « la 9ème vie de Louis Drax »), le frenchie Alexandre Aja, à qui l’on doit deux remakes réussis (Piranhas 3D et La colline a des yeux), revient au film de monstres! Ces derniers sont cette fois des alligators qui, en pleine tornade, ont tout le loisir de se balader dans une bourgade de Floride, jusque dans la cave des personnages principaux! En 90 minutes, Aja nous propose un tour de grand huit qui, s’il suit un sentier balisé, s’avère d’une efficacité redoutable. L’action et le suspense sont ininterrompus, l’humour est au rendez-vous et les créatures sont convaincantes. Aja s’amuse et sait divertir son public avide de frissons qui devrait profiter des fortes chaleurs pour ce petit bain fort rafraîchissant!

4

Critique Dvd: Les Estivants

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Réalisation Valeria Bruni Tedeschi
Scénario Valeria Bruni TedeschiAgnès de Sacy et Noémie Lvovsky
Acteurs principaux
Sociétés de production Ad Vitam Production
Ex Nihilo
Pays d’origine Drapeau de la France France Drapeau de l'Italie Italie
Genre comédie dramatique
Durée 125 minutes
Sortie 2018

LE FILM:

3.5

Une grande et belle propriété sur la Côte d’Azur. Un endroit qui semble hors du temps et protégé du monde. Anna arrive avec sa fille pour quelques jours de vacances. Au milieu de sa famille, de leurs amis, et des employés, Anna doit gérer sa rupture toute fraîche et l’écriture de son prochain film. Derrière les rires, les colères, les secrets, naissent des rapports de dominations, des peurs et des désirs. Chacun se bouche les oreilles aux bruits du monde et doit se débrouiller avec le mystère de sa propre existence.

Le nouveau film choral de Valérie Bruni-Tedeschi se regarde avec la curiosité de l’entomologiste. En effet, elle regroupe dans une belle propriété de la Côte d’Azur toute une clique de bourgeois et leurs employés, bien loin des préoccupations du quidam. On y parle création et couple parfois avec un sentiment de foutoir mais le casting ( Arditi, Golino, Stocker, Moreau…) livre une prestation plutôt sympathique. VBT s’octroie encore une fois le rôle qui lui va bien de névrosée perchée.

TECHNIQUE:

3.5

Pas de souci pour un support DVD.

BONUS:

3.5

Un seul bonus mais de qualité, une masterclass de 90 minutes de la réalisatrice à la Cinémathèque filmée cet hiver.

VERDICT:

3.5

Une belle pleïade d’acteurs dans un film curieux à défaut d’être passionnant!

Disponible en En DVD et VOD depuis le 2 juillet chez AD VITAM (sur FB également)

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-les comédies récentes applaudies

 

Critique: Yesterday

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Réalisation Danny Boyle
Scénario Richard Curtis
Sociétés de production Etalon Film
Working Title Films
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical
Durée 116 minutes
Sortie 3 juillet 2019

Hier tout le monde connaissait les Beatles, mais aujourd’hui seul Jack se souvient de leurs chansons. Il est sur le point de devenir extrêmement célèbre. 
Jack Malik est un auteur-compositeur interprète en galère, dont les rêves sont en train de sombrer dans la mer qui borde le petit village où il habite en Angleterre, en dépit des encouragements d’Ellie, sa meilleure amie d’enfance qui n’a jamais cessé de croire en lui. Après un accident avec un bus pendant une étrange panne d’électricité, Jack se réveille dans un monde où il découvre que les Beatles n’ont jamais existé… ce qui va le mettre face à un sérieux cas de conscience.

Jack galère pour vivre de sa passion, la musique. Il enchaîne les concerts où l’essentiel de son public est composé de ses amis et de sa « manager », la jolie Ellie. Puis une nuit, l’inexplicable se produit: une brève coupure de courant frappe la Terre entière durant quelques secondes lors desquelles Jack se fait renverser par un bus. A son réveil, certains éléments semblent avoir disparu et n’avoir jamais existé: la cigarette, le coca-cola, Harry Potter ou encore les Beatles. Une idée lui vient alors: s’approprier le répertoire du groupe de Liverpool pour enfin accéder au succès!

Sous ses airs légers, le nouveau film de Danny Boyle, s’avère plus malin qu’il n’en a l’air. Sous ses apparences de rom com, à ce niveau très réussie, où l’on suit la relation entre Jack et Ellie (vont-ils finir par s’aimer ?), « Yesterday » est aussi une réflexion sur le succès et l’industrie de la musique. Mais par dessus tout, le film est remarquable hommage à l’oeuvre des Beatles, peut-être plus réussi et pertinent qu’un simple biopic. Boyle use de son sens du montage et du rythme pour dynamiser le tout, porté par un jeune acteur au charisme rare, Himesh Patel, et cerise sur le gâteau, un réjouissant caméo d’Ed Sheeran!

On ressort de là avec une pêche d’enfer et l’envie de réécouter toute la disco des Quatre de Liverpool! Le feel good movie de l’été!

4

Critique: La Femme de mon frère

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Réalisation Monia Chokri
Scénario Monia Chokri
Pays d’origine Drapeau du Canada Canada
Genre drame
Durée 117 minutes
Sortie 26 juin 2019

Montréal. Sophia, jeune et brillante diplômée sans emploi, vit chez son frère Karim. Leur relation fusionnelle est mise à l’épreuve lorsque Karim, séducteur invétéré, tombe éperdument amoureux d’Eloïse, la gynécologue de Sophia…

Premier film de la comédienne Monia Chokri, aperçue notamment chez Xavier Dolan, « la Femme de mon frère » est un pétillant portrait de femme. Sophia, jeune trentenaire québecoise, ne parvient pas à quitter son frère avec qui elle vit. Toujours à la recherche d’un emploi après son doctorat, elle cherche aussi l’amour, enchaînant les grossesses non désirées. Sa vie va se trouver bouleversée lorsque son frère, lui, va enfin rencontrer l’amour. Véritable bonbon pop, « la femme de mon frère » se démarque par ses dialogues finement ciselés et son humour imparable mais surtout par l’interprétation de son actrice Anne-Elisabeth Bossé, véritable Bridget Jones québecoise. Un peu fourre-tout, le film de Monia Chokri ose et tente beaucoup, se perdant parfois, erreur de jeunesse, au risque de paraître un peu longuet sur la fin. Mais cette comédie allenienne en diable est un petit régal dont il serait dommage de se priver!

4

Critique: Les Misérables

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Réalisation Ladj Ly
Scénario Giordano Gederlini
Ladj Ly
Alexis Manenti
Acteurs principaux

Damien Bonnard
Alexis Manenti
Djibril Zonga

Sociétés de production SRAB Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame policier
Durée 102 minutes
Sortie 20 novembre 2019

Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il va faire la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, deux « Bacqueux » d’expérience. Il découvre rapidement les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes…

Premier film de Ladj Ly, membre du collectif Kourtrajmé, « Les Misérables » est le film évènement du dernier Festival de Cannes, le film qui a remué la Croisette. Près de 25 ans après « la Haine » de Kassovitz, le constat est le même, une partie de la population est ghettoïsée dans les banlieues et l’incompréhension règne entre eux et les représentants de l’Etat. Ces gens-là vivent donc au quotidien sur une poudrière que la moindre étincelle peut enflammer. Cette étincelle arrive lorsque Chris, Gwada et le rookie Stéphane, membres de la BAC, sont pris à partie par une bande de gamins et que l’un d’eux perd son sang froid et tire un coup de flash ball à bout portant sur l’un d’eux. Cerise sur le gâteau, la bavure est filmée par le drone d’un enfant de la cité. Si Stéphane souhaite jouer carte sur table concernant l’incident, ses deux collègues préfèrent régler l’incident à leur manière! Extrêmement réaliste, le premier film de Ladj Ly a la bon goût d’exposer tous les points de vue, celui des flics, des jeunes, des anciens de la Cité, des imams, en évitant soigneusement de prendre parti, et tout ceci avec un vrai désir de cinéma. A ce titre, l’une des dernières scènes est un bijou de tension dont on se souviendra longtemps, jusqu’à un final qui nous laisse le souffle coupé!

4

 

Critique: Bacurau

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Réalisation Kleber Mendonça Filho
Juliano Dornelles
Scénario Kleber Mendonça Filho
Juliano Dornelles
Sociétés de production SBS Productions
Pays d’origine Drapeau du Brésil Brésil
Genre drame
Durée 132 minutes
Sortie 25 septembre 2019

Dans un futur proche…  Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte. 

Trois ans après le Magnifique « Aquarius« , le Brésilien Kleber Mendonça Filho revient en compétition à Cannes et y décroche un prix du jury pour « Bacurau », film ô combien surprenant. Une jeune femme revient dans son village, Bacurau, pour y assister aux obsèques de la matriarche Carmelita. Premier signe d’étrangeté, des cercueils parsèment le chemin qui mène au village. Avant l’enterrement, un vieux du village distribue à la jeune femme une petite pilule qui semble être un psychotrope. Plein de petits évènements instaurent ainsi un climat des plus curieux, Mendonça, passant d’un personnage à l’autre sans que l’on comprenne vraiment où il veut en venir. Puis à la moitié du film, le film opère un virage brutal avec l’entrée en jeu d’un groupes d’Américains surarmés et d’un homme politique corrompu. Bacurau évoque alors le western, les films de Carpenter ou encore « les Chasses du Comte zaroff ». Le cinéaste s’amuse à délivrer un message politique qui ne parlera pas forcément au public étranger, à coup de scènes parfois ultra-violentes. Le film de Mendonça est tout à la fois ludique, follement original et toujours surprenant!

4.5

Critique: Parasite

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Titre original 기생충
Réalisation Bong Joon-ho
Scénario Bong Joon-ho1
Han Jin-won2
Acteurs principaux
Sociétés de production Barunson E&A3
Pays d’origine Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Genre drame horrifique
Durée 131 minutes4
Sortie 5 juin 2019

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne…

Après deux productions américaines (« Snowpiercer » et « Okjo »), le Sud-Coréen Bong Joon Ho revient dans son pays et nous offre son septième long métrage, décrochant pas moins que la Palme d’Or lors du dernier Festival de Cannes! Forte était donc l’attente pour ce film qui a véritablement enthousiasmé la Croisette. Depuis ses débuts, si Bong Joon Ho a toujours offert de vrais moments de cinéma, plaçant toujours le plaisir du spectateur en première ligne, il n’a jamais cessé de s’interroger sur l’avenir de la planète (The Host, Snowpiercer, Okja) ou dénoncer les manquements de la justice coréenne (Mother, Memories of Murder), bref de susciter la réflexion.

Avec « Parasite », curieux mélange de comédie, thriller ou film d’horreur, Bong Joon Ho nous relate l’histoire d’une famille de paumés qui ne voient que les petites combines pour tenter de s’en sortir. Le fils de famille a l’opportunité de se faire engager comme professeur d’Anglais pour la fille d’une riche famille. Une fois dans la place, il décide de tout faire pour faire engager tous les membres de sa famille à différents postes chez ces gens. Remarquablement écrit, « Parasite » parvient à dérouler 2h10 de film sans aucun temps mort et en surprenant sans cesse son public, jouant notamment sur ses ruptures de ton et naviguant entre les genres. Quant à la mise en scène, elle est elle aussi d’une inventivité dingue, notamment dans l’exploitation du décor de la maison bourgeoise dans laquelle la caméra virevolte. Sur la forme, le film de Bong Joon Ho est une vraie déclaration d’amour au 7ème art mais aussi à son public. Sur le fond, même s’il s’en défend, le cinéaste fait clairement un film politique, dénonçant une société coréenne plus que jamais scindée en deux, la classe de la haute bourgeoisie et une classe quasi miséreuse dénuée de tout espoir de s’en sortir, si ce n’est par la ruse. Cela faisait bien longtemps qu’une Palme d’Or n’avait autant réconcilié critique et public; il serait dommage de s’en priver!

5