Critique: Passion Simple (FIFIB 2020)

« À partir du mois de septembre l’année dernière, je n’ai plus rien fait d’autre qu’attendre un homme : qu’il me téléphone et qu’il vienne chez moi. Tout de lui m’a été précieux, ses yeux, sa bouche, son sexe, ses souvenirs d’enfant, sa voix… »

Quatrième long métrage de la réalisatrice franco-libanaise Danielle Arbid, « Passion Simple » est l’adaptation du livre éponyme d’Annie Ernaud qui rencontra lors de sa sortie un joli succès public à défaut d’un succès critique. Passion Simple est l’histoire d’une jeune professeure de lettres, maman d’un petit garçon, qui vit une histoire passionnelle avec un jeune Russe marié de son côté. La règle est simple: elle n’a pas le droit de l’appeler mais juste d’attendre qu’il veuille bien la voir. Leurs rencontres sont exclusivement basées sur le sexe. Pourtant, Petit à petit, Hélène perd la raison… La réalisatrice illustre cette passion charnelle filmant les ébats de manière assez crue mais jamais vulgaire avec un joli travail sur la photo. Seul regret, une utilisation de la musique un peu hors sujet, donnant à ce film plutôt réaliste des airs de romcom à certains moments. Petit détail tant l’interprétation magistrale de Laetitia Dosch confirme une fois de plus quelle grande actrice elle est. A voir…

Critique: Vaurien (FIFIB 2020)

RéalisationPeter Dourountzis
ScénarioPeter Dourountzis
MusiqueConstantin Dourountzis
Acteurs principauxPierre Deladonchamps
Ophélie Bau
Sébastien Houbani
Candide Sanchez
Sociétés de production10:15! Productions
Pays d’origine France
GenreDramethriller
Durée95 minutes
Sortie13 janvier 2021

Djé débarque en ville sans un sou, avec pour seule arme son charme. Il saisit chaque opportunité pour travailler, aimer, dormir. Et tuer.

Après trois courts-métrages, Peter Dourountzis réalise son premier long et pour ce faire, choisit un sujet fort et dérangeant. Vaurien est l’itinéraire d’un jeune marginal qui cache derrière son charme une violence sans limite. Dès la première séquence, dans un train, Djé s’asseoit en face d’une jeune femme au téléphone et dévoile un comportement qui suscite le malaise même s’il ne fait finalement rien de répréhensible. Très vite on comprendra que sous le masque se cache un prédateur sans pitié qui ne peut résister aux pulsions qui l’animent. Sa rencontre avec une jeune marginale elle aussi, incarnée par la jolie Ophélie Bau, saura-t-elle le soigner de ses troubles, rien n’est moins sûr. Sous des airs de gendre idéal, Pierre Deladonchamps avait déjà montré qu’il pouvait être monstrueux, comme dans les Chatouilles; il le confirme ici. Quant au film en lui même, c’est une vraie réussite, Dourountzis ne cédant jamais à la facilité et au voyeurisme jouant à merveille avec le hors champ. Un premier film étonnamment maîtrisé qui suscite une vraie curiosité pour la suite.