CRITIQUE: 2001, L’ODYSSEE DE L’ESPACE

2001

A l’aube de l’Humanité, dans le désert africain, une tribu de primates subit les assauts répétés d’une bande rivale, qui lui dispute un point d’eau. La découverte d’un monolithe noir inspire au chef des singes assiégés un geste inédit et décisif. Brandissant un os, il passe à l’attaque et massacre ses adversaires. Le premier instrument est né.
En 2001, quatre millions d’années plus tard, un vaisseau spatial évolue en orbite lunaire au rythme langoureux du « Beau Danube Bleu ». A son bord, le Dr. Heywood Floyd enquête secrètement sur la découverte d’un monolithe noir qui émet d’étranges signaux vers Jupiter.
Dix-huit mois plus tard, les astronautes David Bowman et Frank Poole font route vers Jupiter à bord du Discovery. Les deux hommes vaquent sereinement à leurs tâches quotidiennes sous le contrôle de HAL 9000, un ordinateur exceptionnel doué d’intelligence et de parole. Cependant, HAL, sans doute plus humain que ses maîtres, commence à donner des signes d’inquiétude : à quoi rime cette mission et que risque-t-on de découvrir sur Jupiter ?

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Si l’on devait dresser un classement des 10 plus grands films de l’Histoire du Cinéma, 2001 trusterait sans aucun doute les toutes premières places. Sorti quatre ans après Dr Folamour, en 1968, 2001 l’Odyssée de l’Espace est certainement le film qui a engendré le plus de commentaires et de thèses quant à sa signification.

En effet, Kubrick nous parle ici non seulement de la technologie et de ses dérives mais aborde également diverses thématiques philosophiques et métaphysiques comme le rapport de l’Homme au temps ou encore les mystères de l’univers. Je ne me hasarderai aucunement à élaborer d’autres thèses; certains l’ont déjà fait et certainement avec plus de talent que moi d’autant que mon avis et ma compréhension sur ce film varient à chaque vision! Kubrick découpe son film en quatre parties: la première nous montre des hommes préhistoriques apprenant à utiliser un fémur comme arme et découvrant un mystérieux monolithe, une seconde partie nous montre une mission spatiale à la découverte du même monolithe, une troisième qui se déroule en 2001, dix-huit mois après la seconde, avec une nouvelle mission dont l’engin est dirigé par un ordinateur à l’intelligence supérieure, HAL 9000, et enfin une dernière partie en guise de conclusion, hautement énigmatique. L’ellipse opérée par Kubrick entre les deux premières parties restera comme l’une des trouvailles de cinéma les plus géniales: le lancer d’un fémur en l’air qui, tournoyant, devient un vaisseau spatial!

sans-titre

Durant ces deux heures trente de film, Kubrick fait très peu appel aux dialogues, excepté dans les deux parties centrales, mais réduit ces plages au maximum. Il dilate les scènes également au-delà de tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. Concernant la musique, il se passa finalement de la partition composée par Alex North pour utiliser de la musique classique dont le film fit de certains morceaux des « tubes »! On pense à Ainsi Parlait Zarathoustra de Strauss en ouverture du film, au Beau Danube Bleu qui donne une majesté irréelle à la valse du vaisseau spatial, ou encore à l’inquiétant requiem de Ligety.

Autre point marquant, le côté froid et aseptisé des personnages humains qui semblent dépourvus de tout affect, contrairement à l’ordinateur HAL 9000 (les lettres HAL auraient été choisies car précédant les lettres IBM!), qui raisonne et semble même éprouver des sentiments: en effet, ne dit-il pas à Bowman « j’ai peur » quand celui-ci tente de le désactiver.

Comme souvent chez Kubrick, on y voit l’Homme victime de son environnement, qu’il soit technologique (2001 ou Dr Folamour), politique (les Sentiers de la Gloire, Spartacus, Orange Mécanique, Full Metal Jacket) ou tout simplement de son cerveau (Shining, Eyes Wide Shut). Très cohérent donc avec le reste de sa filmographie, 2001 l’Odyssée de l’Espace est un film qui ne s’explique pas et qui se ressentira de mille façons selon le spectateur. Monument de mise en scène, doté d’effets spéciaux hallucinants pour l’époque (le film remporta l’Oscar), le film de Kubrick est avant tout une expérience sensorielle unique qu’il est indispensable de vivre au moins une fois dans sa vie!

NOTE: 10/10

 

2 réflexions sur “CRITIQUE: 2001, L’ODYSSEE DE L’ESPACE

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