EVENEMENT: MON FESTIVAL DE DEAUVILLE 2010

Parti de St Lazare en compagnie de la très sympatique Ophélie d’Allociné, j’arrive à Deauville vers 11 h ce matin, direction l’hôtel Normandy Barrière! Allociné et Carte Noire n’ont pas fait semblant! Dans le hall, on peut croiser Emmanuelle Béart, présidente du jury, Jonathan Lambert (très sympa!), Laurent Boyer et Mme,Fabrice du Welz (le réalisateur de Vinyan), Jeanne Balibar ou encore Diego Luna, réalisateur du film Abel dont je vous reparle tout de suite et comédien qu’on voit entre autres dans l’excellent Harvey Milk de Sean Penn. Après avoir récupéré nos badges, invitations et dossier de presse, nous retrouvons mon collègue blogreporter, Pierre, qui a déjà pris de l’avance car il habite plus près de Deauville que moi. Après un repas dont je vous passe les détails, il est enfin temps de nous diriger vers ma première projection, le film de Diego Luna: Abel. Nous empruntons le tapis rouge, Pierre et moi (les chasseurs d’autographe sont à l’affût, je suis sûr qu’on pourrait en signer, les gens ne s’en étonneraient même pas!) et arrivons enfin dans la gigantesque salle du CID.
Après quelques mots du réalisateur, le film peut commencer.

ABEL
Abel a 9 ans et sort d’un hôpital psychiatrique. Cela fait deux ans qu’il ne parle plus, depuis que son père a quitté la maison; officiellement pour travailler aux Etats-Unis, en réalité pour vivre une seconde vie avec une autre femme et un nouveau-né. A son retour à la maison, il retrouve sa mère, sa grande soeur et son petit frère. Du jour au lendemain, il retrouve la parole mais joue le rôle du père. Il signe les bulletins scolaires, réprimande sa « fille » quand elle rote à table… Après une phase d’étonnement et d’inquiétude , toute la petite famille y trouve son compte: la soeur joue le rôle, la mère est ravie que son fils ait recouvré la parole et le petit frère d’avoir retrouvé un papa. Un matin, le vrai père réapparaît…

Pour un début de festival, j’ai fait bonne pioche! Ce film est un vrai petit bijou! Tendre, souvent drôle ( la scène dans laquelle Abel corrige la copie de maths de sa soeur) et toujours émouvant, le film ne verse jamais dans le larmoyant même si l’on ressent toujours la souffrance de ces enfants en manque de leur père. Comme Diego Luna a attendu d’être père pour réaliser ce film, je pense avoir vu le film différemment étant père également. Les jeunes acteurs sont d’une grande justesse et illuminent ce film. C’est vraiment une très bonne surprise et je démarre mon séjour sur de très bonnes bases. J’en profite pour remercier Allociné et Carte Noire pour ce cadeau magnifique. Vous pourrez voir Abel en salles en janvier 2011…

EVERY DAY

A 20 h 30 était projeté dans la grande salle du C.I.D. le film de Richard Levine « Every Day » avec Helen Hunt,  et deux comédiens de la catégorie « acteurs connus dont on ne se souvient jamais du nom », Liev Schreiber et Brian Dennehy (le shérif de Rambo entre autres). Ned, scénariste de série tv en pleine crise de la quarantaine forme avec Jeannie un couple traversé par quelques turbulences. L’ado de la famille se découvre gay, Ned doit écrire des épisodes toujours plus choquants pour plaire à son patron et pour couronner le tout son infecte beau-père vient achever son existence dans la maison familiale. Richard Levine, connu pour être le scénariste de la série Nip Tuck, signe un magnifique film sur la famille et en particulier sur l’accompagnement des aînés en fin de vie, sujet qui peut vite s’avérer très risqué pour ne pas dire « casse-gueule ». Helen Hunt est comme d’habitude excellente dans ce rôle de femme que son père n’a jamais su aimer mais qui malgré tout veut déplacer des montagnes pour lui offrir une fin digne. Liev Schreiber démontre ici qu’il est un brillant acteur et qu’il est capable de porter un vrai permier rôle et pour finir, Brian Dennehy, un des seconds rôles américains les plus connus, se montre ici dans son rôle le plus fort et émouvant de sa carrière. D’une grande finesse, ce film n’arrache pas les larmes, il les tire délicatement… N’ayant pas encore de date de sortie prévue en France, j’espère sincèrement que ce film en bénéficiera car il le mérite. Il ne sera en tout cas pas primé puisqu’il est hors compétition.

L’intérêt de ce festival est que les artistes sont très accessibles; j’ai donc pu faire part de mes commentaires à Richard Levine qui, je le souhaite, continuera sa carrière au cinéma.

Ce mardi matin, 11 h, projection du film « dry land » de Ryan Piers Williams avec Ryan O’Nan et America Ferrara, bien connue des fans de la série « Ugly Betty » dont elle est l’interprète principale. Film en compétition, la projection a donc lieu en présence du jury.

DRY LAND

 James rentre chez lui après avoir combattu plusieurs mois en Irak. Il retrouve donc sa femme Sarah et son ami Michael ainsi que sa mère, à la santé très précaire. Très vite, James va être victime de graves crises d’anxiété et d’accès de violences incontrôlables, si bien que Sarah va retourner vivre chez ses parents le temps que James se soigne. Son problème majeur tient au fait qu’il a oublié tout ce qui s’est passé lors de l’embuscade qui a précipité son retour. Il part alors retrouver un des amis soldats à la recherche de ses souvenirs…

Au demeurant assez réussi, aussi bien au niveau du scénario, de la mise en scène que des acteurs tous excellents, le principal souci du film est son manque total d’originalité : oui, la guerre c’est moche et c’est vachement traumatisant ! On l’avait déjà compris avec des films comme « dans la vallée d’Elah » ou récemment le formidable « Brothers » de Jim Sheridan. Après nous avoir fourni une cargaison de films post-Vietnam, depuis 2-3 ans, l’Irak est devenu le cheval de bataille des réalisateurs US. Et ici, du début à la fin, on éprouve un immense sentiment de déjà-vu même si l’on reste indulgent devant la bonne volonté et la bonne foi qui se dégagent du film. Dommage !

Après le déjeuner, m’attendait la projection DU FILM le plus attendu de la semaine, précédé d’un Buzz énorme ! Il s’agit du film de Rodrigo Cortes, « Buried », également en compétition.

BURIED

Ryan Reynolds est le seul et unique interprète (visible à l’écran) du film puisqu’il interprète le rôle de  Paul Conroy, un camionneur Américain en poste en Irak (tiens tiens !) kidnappé et enterré vivant dans un cercueil en bois. On se retrouve donc enfermé avec lui, son briquet et son portable à moitié chargé ! Pitch très excitant à priori mais qui tourne vite à l’exercice de style stérile.  D’autant que le réalisateur  utilise parfois un second degré qui nuit au suspense ; des rires se font entendre dans la salle, comme dans la scène où un serpent apparaît malencontreusement  dans la jambe de pantalon du héros. En bref, un film expérimental à mettre dans le même sac que les Cloverfield ou autres Paranormal Activity avec le twist final de rigueur ! Personnellement, je me sentais dans la salle comme le héros dans son cercueil : avec une irrésistible envie de sortir ! Apparemment, mon avis n’était pas partagé : il semble avoir recueilli les suffrages du public. Sortie prévue le 3 novembre.

3 BACKYARDS

Pour finir l’après-midi, mon choix s’était porté sur le film « 3 Backyards » d’Eric Mendelsohn déjà auteur d’un film inconnu « Babylon USA » non sorti en salles. Le casting me paraissait intéressant avec Embeth Davidtz ( Schindler’s list ou Grey’s anatomy), Elias Koteas ( Shutter Island, Two lovers, la ligne rouge…) ou enfin l’excellent Nurse Jacky de la sérien Edie Falco. Mendelsohn nous propose de suivre 3 histoires : celle d’un homme qui rate son avion et erre loin de chez lui, d’une petite fille qui part à l’école avec le bracelet cadeau d’anniversaire de sa mère et qui le perd, et enfin celle d’une desperate housewife qui accompagne une voisine actrice prendre son ferry. On se dit très vite qu’on va assister à un film à la Collision de Paul Haggis avec tous ces personnages qui vont se croiser et voir leurs vies bouleversées ! Et bien non ! Ils ne se croisent jamais et leurs histoires n’ont strictement aucun intérêt. Le réalisateur présent nous avait annoncé s’être inspiré de Jacques Demy, j’aimerais bien qu’il nous explique pourquoi ! D’autant que la bande originale est épouvantable avec cet air de flûte répétitif qui fait penser à une musique de documentaire animalier ! Bref, à oublier, la date de sortie n’est pas fixée et honnêtement, je lui prédis une sortie directe par la case vidéo.

EXIT THROUGH THE GIFT SHOP

Pour l’instant, la journée n’a pas été très riche en qualité, restait la séance du soir. Je décidai, sans conviction aucune, d’aller voir le documentaire hors compétition « Exit through the gift shop » réalisé par le célèbre artiste de street art, Banksy. Il avait entre autres peint sur le mur de Gaza un trou en trompe l’œil avec une plage et des palmiers. Et bien c’est un documentaire qui en plus d’être passionnant, est souvent très drôle. Et formellement intéressant : C’est Thierry Guetta, un Français expatrié aux States passionné de street art qui décide de partir à la chasse de Banksy, véritable fantôme, pour le filmer. Quand il y parvient, Banksy accepte et Guetta va le suivre partout pendant des mois caméra au poing. Quand Guetta lui montrera son montage, Banksy s’est rendu compte que c’était « a real shit ! » et que Guetta était un illuminé. Il lui conseille donc de lui laisser la caméra et de se mettre au street art. Le documentaire devient alors un doc sur Thierry Guetta  alias Mr Brainwash ! A voir absolument à partir du 15 décembre !

Demain, un seul film au programme pour moi car c’est le retour à la maison. Ce sera « Holy Rollers » de Kevin Ashe.

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