Critique Dvd: Du sang dans la sierra

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LE FILM:

3.5

Accusé à tort du meurtre de deux vieux chercheurs d’or et du voleur qu’il a abattu en légitime défense, Nick Buckley n’a pas d’autre choix que de s’enfuir. Aidé de Luella Purdy, une marchande ambulante à qui il a acheté des couvertures et des médicaments pour sa jument, il se lance sur les traces de Brandaw, le complice de l’homme qu’il a tué. Une traque d’autant plus difficile qu’il a lui-même à ses trousses le shérif et ses hommes, tous convaincus qu’ils poursuivent un gibier de potence. Mais Buckley sait que, rejoint par des individus de son espèce, Brandaw se dirige vers la mine des chercheurs d’or, guidé par la carte qu’il leur a volé…

Réalisé en 1948 par George Sherman, « Du sang dans la sierra » est un divertissement assez plaisant même si le scénario n’est pas des plus originaux et des plus aboutis. Cette traque plutôt « familiale » se regarde toutefois avec un certain plaisir grâce à la mise en scène maîtrisée de Sherman, les nombreux extérieurs et une photo assez réussie. On peut tout de même regretter un certain manque de charisme chez les rôles principaux notamment Robert Young et Marguerite Chapman. Plaisant!

TECHNIQUE:

4

Une copie assez propre malgré quelques défauts de pellicule et le flou sur certains plans.

BONUS:

2.5

On trouve une galerie photos et les traditionnelles présentations de Tavernier et Brion.

VERDICT:

3.5

Un western mineur mais divertissant!

Disponible en DVD (16.99 euros) chez SIDONIS

ROCKY, HEROS DE MA JEUNESSE

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S’il est un personnage de cinéma qui berça mon enfance, c’est bien celui que créa Sylvester Stallone, le personnage de Rocky Balboa qui, pendant trente ans, fut un peu le symbole de l’American Dream et le personnage emblématique de la carrière de Sly.

Revenons donc sur les différents volets de cette saga si attachante:

– En 1976, alors qu’il est encore peu connu, Sylvester Stallone écrit un scénario inspiré du combat entre Mohamed Ali et Rocky Marciano mais exige d’interpréter le rôle titre. Bien que les producteurs tordent un peu le nez, ils finissent par donner leur accord. La réalisation sera confié au peu connu John G. Avildsen

Stallone incarne donc Rocky Balboa, un petit boxeur amateur de Philadelphie qui se voit proposer un combat avec Appolo Creed(Carl Weathers), champion du monde, celui-ci cherchant une victoire facile pour refaire parler de lui. Aidé du vieil entraîneur Mickey (Burgess Meredith) et épaulé par sa nouvelle compagne, la timide Adrian (Talia Shire) et son beau-frère taciturne Paulie (Burt Young), Rocky va s’entraîner dur pour élever son niveau et tenir tête au champion qui vaincra seulement sur décision partagée.

Le film qui ne coûta quasiment rien fut un succès planétaire et remporta 3 Oscars dont Meilleur Film et Meilleur réalisateur.

Au-delà du simple film de sport, ce premier volet dépeint une certaine réalité sociale et des personnages touchants, notamment celui de Balboa, à la naïveté et à la bonté attachantes. L’amour du public pour les personnages qui partent de rien pour arriver à renverser les montagnes est bien sûr une cause de ce succès inattendu. On retiendra également la bande originale mythique de Bill Conti, notamment le morceau Gonna Fly Now!

– En 1979, devenu une star Stallone cherche à renouveler le succès du premier opus et écrit donc un nouveau scénario qu’il mettra en scène lui-même: c’est Rocky 2

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Reprenant là où s’était arrêté le précédent opus, Rocky 2  nous montre un Apollo Creed vexé d’avoir été malmené par l’outsider et qui souhaite donc prendre sa revanche. Rocky, qui connaît maintenant une petite célébrité, refuse en premier lieu d’autant que sa femme Adrian connaît des problèmes de santé. Celle-ci le persuadera finalement de rechausser ses gants : cette fois-ci Rocky terrassera le champion, s’adjugeant le titre suprême!

Cette suite est assez proche de l’original, suivant à peu près le même fil et le personnage principal suivant la même trajectoire. Elle permet surtout à Stallone d’asseoir son statut de star et confirmer le potentiel commercial de la franchise Rocky: la machine est lancée.

– Avec le troisième volet, toujours réalisé par Sly, sorti en 1982, on est clairement dans une démarche commerciale. Seule nouveauté, l’apparition d’un nouvel adversaire: Clubber Lang, incarné par Mister T.

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Rocky, champion du monde, s’est embourgeoisé et n’affronte que des adversaires soigneusement choisis par Mickey pour être battus sans difficultés. Quand Clubber Lang, en quête de célébrité, défie Balboa, Mickey déconseille à son poulain d’accepter. Rocky ne suit pas l’avis de son mentor et relève le défi malgré le décès de son entraîneur. Apollo Creed décide d’amener Rocky à la victoire en tentant de lui redonner « l’oeil du tigre » qu’il a perdu en même temps qu’il a gagné la fortune.

Sur un scénario assez moyen, Rocky 3 est clairement en-dessous du premier volet mais rencontre un énorme succès dû à l’attachement du public à ses personnages. D’autre part, le tube de Survivor « Eye of the Tiger » restera comme l’une des chansons les plus connues dans une bande originale de film.

– En 1985, en pleine ère Reagan, Stallone réalise le quatrième volet des aventures du célèbre boxeur.

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C’est sans doute le plus mauvais film de la série! Non seulement, le scénario est d’une indigence rare, reprenant la même trame que les épisodes précédents mais il a tout du film de propagande tant il aligne les clichés et fait preuve d’un manichéisme hallucinant. Après avoir tué l’ami de Rocky, Apollo Creed, sur le ring, le Russe Ivan Drago accepte d’affronter Balboa en Russie. Alors que le Russe bénéficie d’installations de haute technologie et consomme des produits dopants, l’Américain s’entraîne à l’ancienne dans une grange en pleine Sibérie, surveillé par le KGB! A l’issue d’un combat homérique, Balboa venge son ami en battant Drago avec un public, hostile au début, et tout acquis à sa cause ensuite. Le discours final de Rocky est un sommet de patriotisme qui finit de faire de ce quatrième opus un vrai nanar!

Pour l’anecdote, on notera l’absence de Bill Conti à la musique, remplacé par Vince DiCola qui composera quelques morceaux qui resteront dans les mémoires, notamment « War ». James Brown fait également une apparition en chantant Living In America.

Le film est tout de même un grand succès avec notamment près de 5 millions d’entrées en France.

– Bien que scénariste une fois de plus, Sylvester Stallone redonne le siège de réalisateur à John G. Avildsen le réalisateur du premier opus pour ce qui semblerait être une conclusion à la saga, 24 ans après le premier film.

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A la suite du combat avec Drago, Rocky ne peut plus boxer en raison d’un problème au cerveau et se retrouve ruiné, escroqué par son comptable. Il retrouve donc ses origines en regagnant le quartier de sa jeunesse à Philadelphie. Ne pouvant plus pratiquer sa passion, il accepte d’entraîner un jeune boxeur prometteur, Tommy Gunn. Alors qu’il l’ammène au sommet, son jeune protégé répond aux sirènes d’un agent, caricature de Don King. Non content de trahir son père spirituel, Tommy Gunn le provoque jusqu’à un combat final, non pas sur un ring mais dans la rue.

Sans être vraiment une grande réussite, ce cinquième volet a la bonne idée d’apporter un peu de nouveau par rapport aux deux précédents volets et de boucler la boucle avec ce retour aux sources. Le générique de fin reprend d’ailleurs des images de tous les films de la saga. Pour l’anecdote, le fils de Rocky est ici interprété par le vrai fils de Stallone, Sage, récemment décédé.

Il ne rencontra pas le succès des précédents volets.

– Trente ans après le premier volet, alors que les années 2000 ne sont pas très favorables aux gros bras, Stallone se décide à se lancer dans un dernier Rocky. Deux ans plus tard, il réalisera également un dernier Rambo!

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Rocky Balboa est sans doute le plus réussi avec le premier volet. Dans celui-ci, Rocky ne boxe plus, tient un petit restaurant italien appelé « Adrian’s » en hommage à sa femme décédée. Ses relations avec son fils sont un peu froides, ce dernier en ayant assez de porter ce nom trop lourd pour lui. Le manager d’un jeune boxeur en manque de popularité a l’idée d’organiser un match exhibition contre Balboa. Pour se sentir revivre et prouver qu’il n’est pas fini, Rocky accepte ce dernier défi.

Très réussi, le film rencontrera un succès public et critique! Stallone abandonne en effet le schéma classique sur lequel les précédents films étaient calqués pour à nouveau s’intéresser à ses personnages. La présence d’un Stallone fatigué, au physique abîmé, apporte une vraie dimension au film et boucle la saga de très belle façon.

Bien que de qualité inégale, ces six films retraçant la vie de Rocky Balboa sont non seulement un souvenir d’enfance mais une certaine image du cinéma américain et s’il y a bien un personnage qui a fait ce qu’est devenu Sylvester Stallone, c’est bien celui-ci.