L’ILLUSIONNISTE (2010)

 À la fin des années 50, une révolution agite l’univers du music-hall : le succès phénoménal du rock, dont les jeunes vedettes attirent les foules, tandis que les numéros traditionnels – acrobates, jongleurs, ventriloques – sont jugés démodés. Notre héros, l’illusionniste, ne peut que constater qu’il appartient désormais à une catégorie d’artistes en voie de disparition. Les propositions de contrats se faisant de plus en plus rares, il est contraint de quitter les grandes salles parisiennes et part avec ses colombes et son lapin tenter sa chance à Londres. Mais la situation est la même au Royaume-Uni : il se résigne alors à se produire dans des petits théâtres, des garden-parties, des cafés, puis dans le pub d’un village de la côte ouest de l’Écosse, où il rencontre Alice, une jeune fille innocente qui va changer sa vie à jamais.

Après « les triplettes de Belleville », Sylvain Chomet s’est emparé d’un scénario de Jacques Tati qu’il n’a jamais pu tourner. Dans la forme, ‘ »l’illusionniste » est plus abouti que « les triplettes » et le personnage de Jacques Tati est une vraie réussite tant la gestuelle est impressionnante de fidélité à l’original. Sur le fond, le film est très proche de l’univers de Tati, très abstrait , sans aucun dialogue et cela ne manquera pas de déstabiliser les non initiés. Pour ces derniers, le film peut paraitre très long, faute de péripéties.

Visuellement, cela reste épostouflant et montre que l’animation  traditionnelle a encore quelques beaux jours devant elle.