LE DISCOURS D’UN ROI (2010)

Wild Bunch Distribution

D’après l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l’abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pearce). D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme (Helena Bonham Carter) et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage (Geoffrey Rush) aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie.

Deuxième long métrage de Tom Hooper réalisateur de TV britannique après le footballistique « the damned united » dont je vous parlerai plus tard, « le discours d’un roi » est une excellente surprise. Je sais, je me réveille un peu tard, il est déjà sorti depuis un mois et demi et a été couronné de plusieurs Oscars. D’une finesse toute britannique et d’une intelligence rare, le film évite tout pathos et réussit le pari de nous conter une magnifique histoire d’amitié et le combat d’un homme pour se prouver qu’il mérite sa place, sans les lourdeurs de nombreux biopics. Colin Firth n’y est pas pour rien tant il incarne totalement son personnage, prouvant depuis « a single man » qu’il est un grand acteur. Celui dont on parle moins mais tout aussi important, c’est Geoffrey Rush qui interprète son thérapeute, avec une finesse incroyable. Leurs séances sont l’occasion de magnifiques joutes verbales souvent très drôles comme cette scène où Georges VI s’entraîne à proférer toutes sortes de jurons (« fffffffffuck!!!).

Chaque scène où George VI prononce un discours, on reste le souffle coupé, priant pour qu’il parvienne à s’exprimer et c’est avec une grande émotion que le film s’achève, nous donnant l’impression d’avoir assister à l’un des meilleurs films de ces dernières années. 

THE DAMNED UNITED (2009)

Sony Pictures

L’histoire des 44 jours durant lesquels, en 1974, Brian Clough a été l’entraîneur de l’équipe championne du football anglais, Leeds United. Avec leur précédent manager, Don Revie, le rival de Clough, Leeds avait remporté ses plus grands succès en tant que club, mais représentait pour beaucoup un style de jeu agressif et cynique – ce qui, aux yeux de Brian Clough, un homme au style flamboyant mais ayant des principes, était tout à fait condamnable. Clough avait pour sa part connu d’énormes succès en tant qu’entraîneur de Hartlepool et de Derby County, construisant ses équipes selon sa propre vision avec l’appui de son fidèle lieutenant, Peter Taylor. Reprenant la tête de Leeds sans Taylor à ses côtés, avec face à lui des joueurs qui, dans son esprit, étaient encore  » les petits gars de Don Revie « , il a montré durant 44 jours sa combativité mais cela n’a pas suffit…

Par curiosité après avoir vu le fabuleux deuxième long-métrage de Tom Hooper, « le discours d’un roi », je me suis intéressé à son coup d’essai, « the damned united », passé inaperçu en novembre 2009. Le premier constat est que Tom Hooper a l’air de faire du biopic britannique son cheval de bataille. Dans ce premier essai, il s’intéresse à un des entraîneurs de football les plus populaires dans son pays, Brian Clough dont il donne le rôle au méconnu Michael Sheen. La bonne nouvelle est que les amateurs de ballon rond retrouveront tout ce qui fait le football british (goût du jeu, fighting spirit, engouement populaire…) et que ceux que le foot laissent de marbre seront emballés eux aussi. Le personnage principal, sorte d’ancêtre de José Mourinho (entraîneur du Real Madrid au légendaire charisme), est passionnant et quelle interprétation!

Au-delà du constat que Tom Hooper est un excellent directeur d’acteur, sa mise en scène est ultra-dynamique à l’image du foot anglais et en cela très différente de celle qu’il nous montre dans « le discours d’un roi », très sèche, dépourvue d’artifices, ce qui prouve en deux films que c’est un grand metteur en scène qui sait traîter ses sujets de la plus pertinente des manières. Alors que le « film de foot » est un genre ô combien « casse-gueule » ( « trois zéro », « Goal »…), « the damned united » en est l’un des meilleurs représentants. A découvrir d’urgence!