CRITIQUE: NEBRASKA

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  • Réalisé par :
    Alexander Payne
  • Avec :
    Bruce Dern, Will Forte, June Squibb
  • Durée :
    1h50min
  • Pays de production :
    Etats-Unis
  • Année de production : 2013
  • Distributeur :
    Diaphana

Un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain, à pied puisqu’il ne peut plus conduire. Un de ses deux fils se décide finalement à emmener son père en voiture chercher ce chèque auquel personne ne croit. Pendant le voyage, le vieillard se blesse et l’équipée fait une étape forcée dans une petite ville perdue du Nebraska qui s’avère être le lieu où le père a grandi. C’est ici que tout dérape. Rassurez-vous, c’est une comédie !

Si pour son sixième long métrage, Alexander Payne n’a pas écrit le scénario, le film s’insère avec une vraie cohérence dans sa filmographie. On y retrouve en particulier le goût du cinéaste pour le road-movie, ce genre qui permet à des personnages, à l’occasion d’un voyage, de se découvrir les uns les autres. Si Sideways suivait une tournée des propriétés viticoles de deux amis ou the Descendants, le voyage d’un père et de ses filles pour retrouver l’amant de sa femme mourante, Nebraska suit le périple d’un fils et de son père pour récupérer un gain fictif.

Payne réussit comme toujours à éviter le pathos et traiter avec légèreté de sujets graves comme ici la fin de vie, les relations père/fils ou le sens de la vie. Si le film se caractérise par une somptueuse photo noir et blanc, c’est comme toujours la qualité des dialogues et la faculté de Payne à naviguer entre le drame et le burlesque qui épate comme lors de cette scène dans laquelle père et fils recherchent au bord de la voie ferrée le dentier égaré. Si les films de ce cinéaste sont toujours si touchants, c’est que ses personnages sont toujours extrêmement justes et le propos universel si bien que chacun ne peut que se retrouver à un moment ou un autre de ses histoires.Cerise sur le gâteau, on retrouve avec plaisir Bruce Dern dans une prestation tour à tour drôle et émouvante.

L’un des grands films de 2014!

Sortie le 2 avril

NOTE: 9/10

CRITIQUE: UN TICKET POUR DEUX

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Le seul désir de Neal Page, c’est de rentrer à temps chez lui pour fêter Thanksgiving. Mais son avion étant annulé pour cause de mauvais temps, il doit se rabattre sur d’autres moyens de transport. Ce qui ne serait pas un problème en soi, s’il ne devait également s’accommoder de la compagnie de Del Griffith, un vendeur ambulant bavard qui ne veut plus le lâcher…

Après quatre films centrés sur l’adolescence, « 16 Bougies pour Sam« , « Breakfast Club« , « Une Créature de rêve » et « la Folle Journée de Ferris Bueller », John Hughes change de registre et se lance dans le road movie. Sur un canevas des plus classiques, la cohabitation forcée entre deux êtres que tout oppose à l’issue de laquelle le rapprochement aura lieu, Hughes réussit une comédie hilarante d’un bout à l’autre. Les deux ingrédients principaux sont réunis, un rythme qui ne faiblit jamais et un duo d’acteurs très complémentaires: la star de l’époque Steve Martin et l’éternel second rôle débonnaire John Candy. Sans doute le meilleur film de la courte carrière de Hughes!

NOTE: 7.5/10

CRITIQUE: UNE JOURNEE A ROME

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Une nouvelle journée commence à Rome, la ville éternelle.
Gina et Marco ont 19 et 20 ans et sont portés par l’exubérance de la jeunesse.
Gina rêve d’entrer dans le monde du spectacle et doit rencontrer un homme politique influent qui pourrait lui ouvrir des portes.
Marco l’accompagne au volant de sa berline noire, c’est son premier jour de travail.
De la banlieue vers le centre historique de la ville, ils vont apprendre à se connaître, tomber amoureux, et vont ainsi basculer, peut-être un peu trop tôt et sans en avoir conscience, dans le monde des adultes.

La comédie romantique est un genre ultra-balisé dans lequel seuls comptent les amoureux et les obstacles souvent nombreux sur la route de leur amour! Souvent ça ne va pas plus loin et la toile de fond n’est pas la première préoccupation! Avec une Journée à Rome, le huitième film de Francesca Comencini, c’est un bien un film plein de légèreté mais qui n’oublie pas de situer ses protagonistes dans leur époque. Gina et Marco sont jeunes et veulent faire quelque chose de leur vie mais la crise est là. Sans « piston », il est difficile de trouver un emploi, surtout si l’on veut faire de la télévision! Si l’on ne connaît pas un politicien, c’est compliqué! La réalisatrice évite aussi le piège de vouloir montrer deux personnages que tout oppose: ici Gina et Marco viennent du même monde; ils n’ont juste pas les mêmes rêves…

Construit comme un road movie le temps d’une journée, « une Journée à Rome » est à la fois une balade et une ballade très attachante grâce à un scénario très bien écrit et un couple de comédiens, Filippo Scicchitano et Giulia Valentini, au charme ravageur! Une heure vingt de vrai plaisir!

NOTE: 7.5/10

Sortie le 17 août

 

CRITIQUE DVD: THE SWIMMER

LE FILM: 9/10

Un beau matin, Ned Merrill (Burt Lancaster), un homme athlétique mais vieillissant, débarque en maillot de bain dans une riche propriété du Connecticut et décide de rejoindre sa maison en passant de piscine en piscine.

Voilà une excellente idée de la part de Wild Side de sortir ce film peu connu dans sa collections « les Introuvables »! Réalisé par le méconnu Franck Perry en 1967, « The Swimmer » (ou le plongeon en français) est un peu le film précurseur de la parenthèse enchantée qu’on appela le Nouvel Hollywood (fin des 60’s jusqu’au début des 80’s avec la Porte du Paradis) caractérisée par la victoire d’une contre-culture et la prise de pouvoirs d’une nouvelle génération de cinéastes.

The Swimmer est quasiment un road-movie sauf que le héros ne parcourt pas une route mais rentre chez lui, nageant de piscine en piscine. Et le voyage s’avère beaucoup plus intéressant qu’il ne le laisse présager. Rencontrant d’anciens amis, des enfants devenus adultes, d’anciennes maîtresses, le héros, incarné par un Burt Lancaster symbole de l’Américain parfait (l’un de ses meilleurs rôles!) dévoile son vrai visage et ses failles. Non seulement Perry film le parcours d’un homme mais il dresse un portrait à charge de la société américaine de la fin des années 60, où la consommation est le maître mot et l’individualisme et l’absence de valeurs dominent.

Traité sur le ton de l’étrange, « The Swimmer » est passionnant de bout en bout et d’une originalité rare! Pour sa première sortie en DVD chez nous, Wild Side nous offre une copie exempte de tout défaut, magnifique! Pour l’anecdote, Franck Perry quitta le film avant la fin du tournage et c’est Sidney Pollack qui filma la scène où Ned retrouve son ancienne maîtresse!

LES BONUS: 7/10

Outre la bande-annonce, une présentation du film passionnante par Jean-Baptiste Thoret (13 mins) replace le film dans son contexte du Nouvel Hollywood!

VERDICT:8/10

Un grand film de plus dans une magnifique collection!

Disponible en DVD (14,99 euros) chez Wild Side sur Fnac.com et dans les magasins FNAC dès le 5 septembre

CRITIQUE DVD: TORPEDO

LE FILM: 7/10

Michel Ressac, 35 ans et sans situation précise, passe son temps à ne rien  réussir… Sa vie va pourtant changer du tout au tout quand un matin un appel téléphonique va lui annoncer qu’il vient de gagner le repas de sa vie avec son idole Eddy Merckx. C’est pour lui l’occasion inespérée de se « rabibocher » avec son père avec qui, à son grand regret, il ne partage plus grand chose mis à part la passion du vélo…

Le torpedo, c’est un vélo muni d’un système de rétropédalage qui oblige à pédaler, toujours pédaler, sous peine de s’arrêter net et de se casser la gueule. C’est un peu la vie de Michel Ressac, qui tente d’avancer, même si parfois il pédale dans la semoule! Premier film belge de Mathieu Donck, « Torpedo » nous conte donc la quête de Michel Ressac dont la vie n’est que succession d’échecs qui, pour faire un dernier cadeau à son père mourant, tente de se fabriquer une famille pour gagner un repas avec Eddie Merckx! Road-movie initiatique, le film repose avant tout sur son duo d’interprètes Audrey Dana/François Damiens mais réserve quelques très jolis moments. Distillant assez finement quelques messages sur la société de consommation et sur la famille, ce Torpedo est une comédie qui gagne à être découverte tant elle permet de passer un excellent moment!

La copie proposée sur ce DVD est parfaite!

LES BONUS: 2/10

Outre 3 bandes-annonces de films avec l’acteur belge, une courte interview Allociné de l’actrice et son metteur en scène (4 mins entrecoupées d’extraits!) et c’est tout! Mince!

VERDICT: 6,5/10

Une jolie comédie pour un bon moment!

Disponible en DVD (19,99 euros) chez BAC VIDEO

 

CRITIQUE: RADIOSTARS

En plein échec professionnel et sentimental, Ben, qui se rêvait comique à New York, est de retour à Paris. Il rencontre Alex, présentateur-vedette du Breakfast-club, le Morning star de la radio. Avec Cyril, un quadra mal assumé, et Arnold, le leader charismatique de la bande, ils font la pluie et le beau temps sur Blast FM. Très vite Ben est engagé : Il écrira pour eux. Alors qu’il a à peine rejoint l’équipe, un raz de marée frappe de plein fouet la station : l’audience du breakfast est en chute libre. C’est en bus qu’ils sillonneront les routes de France pour rencontrer et reconquérir leur public. Pour ces Parisiens arrogants, de ce road trip radiophonique naîtra un véritable parcours initiatique qui bousculera leurs certitudes.

Pour son premier long métrage de réalisateur, Romain Lévy réussit son coup d’essai! « Radiostars » est une vraie bonne comédie et ce, pour une très bonne raison: le film sent le vécu et pour cause, Romain Lévy et son acteur principal, Manu Payet ont débuté leur carrière à la radio. Très rythmé, le film prend la forme d’un road movie, réunissant toute une petite bande aux individualités toutes bien différentes! Fortement inspiré des comédies américaines style Apatow (pour la bande de potes et la grossiereté!), le film est une succession de scènes cultes, comme la chanson improvisée par les acolytes dans le bus ou la scène dans la voiture de Leonard de Vitry, le rappeur! L’autre point fort de « Radiostars » est sans conteste son casting qui réunit autour de deux têtes d’affiche (Clovis Cornillac et Manu Payet) au meilleur de leur forme, une  petite troupe d’inconnus qui ne devraient pas le rester, avec Douglas Attal, sosie de Jason Biggs, et l’étonnant Pascal Demolon! N’ayant pas peur de s’attaquer au racisme ou aux handicapés, Romain Lévy signe une excellente comédie à savourer d’urgence!

 

CRITIQUE BLU-RAY: THIS MUST BE THE PLACE

LE FILM:

Cheyenne est une ancienne star du rock. A 50 ans, il a conservé un look gothique, et vit de ses rentes à Dublin. La mort de son père, avec lequel il avait coupé les ponts, le ramène à New York. Il décide de poursuivre, à travers l’Amérique, la vengeance qui hantait son père en partant à la recherche d’un criminel Nazi…

Pour son premier film aux Etats-Unis, l’Italien Paolo Sorrentino se frotte à un genre typiquement nord-américain, le road-movie. Dans une première partie, Sorrentino nous présente le personnage de Cheyenne, une espèce de clone de Robert Smith, souffrant d’une mélancolie dont on ne connaît pas tout de suite la cause. Pour sa femme, la toujours parfaite Frances Mc Dormand, il n’est « pas dépressif; il s’ennuie juste »! Quand son père à qui il ne parle plus depuis 30 ans décède, c’est alors le début d’une quête au coeur des Etats-Unis, qui permettra à Cheyenne de retrouver la paix. Porté par l’interprétation magistrale de Sean Penn, le film se déroule à un rythme lent, envoûtant  et bénéficie d’une photo absolument magnifique! Un premier essai à l’étranger réussi pour Sorrentino!

L’apport HD du Blu-ray est indéniable aussi bien sur les visages que sur les paysages où contours, contrastes et couleurs ont rarement parus aussi éclatants! Le son est du même acabit!

LES BONUS:

En HD, on trouve des bandes annonces, des interviews de plusieurs membres de l’équipe, 2 courts making of et 8 scènes inédites! Du bon boulot!

VERDICT:

Un film touchant dans des conditions optimales! Un blu-ray à recommander!

Disponible en DVD (19,99 euros) et Blu-Ray(24,99 euros) chez ARP.