Critique: La forme de l’eau

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Titre original The Shape of Water
Réalisation Guillermo del Toro
Scénario Guillermo del Toro
Vanessa Taylor
Acteurs principaux
Sociétés de production Bull Productions
TSG Entertainment
Double Dare You Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre fantastique
Durée 123 minutes
Sortie 21 février 2018

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

Deux ans après le gothique « Crimson Peak », Guillermo del Toro revient avec un conte fantastique aussi formellement beau que riche de sens. Si l’hommage au Cinéma (sous toutes ses formes) et spécifiquement à l’Etrange Créature du Lac Noir est flagrant, Del Toro utilise  cet hommage pour véhiculer un message. L’histoire de cette femme de ménage muette et de ses amis, un artiste homosexuel et une collègue noire, qui vont s’unir pour sauver un monstre promis à la dissection est une ode à la différence , à l’opposé de l’Amérique de Trump et sa peur de l’autre. Beau, émouvant, esthétiquement délicieux,  le dernier Del Toro est aussi l’un de ses plus réussis et semble promis à une belle moisson d’oscars!

4.5

Critique: Mister Babadook

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  • Date de sortie :
    30 juillet 2014
  • Réalisé par :
    Jennifer Kent
  • Avec :
    Essie Davis, Noah Wiseman, Daniel Henshall…
  • Durée :
    1h32min
  • Pays de production :
    Australie
  • Année de production :  2013
  • Titre original : The Babadook
  • Distributeur :
    Wild Bunch

Depuis la mort brutale de son mari, Amelia lutte pour ramener à la raison son fils de 6 ans, Samuel, devenu complètement incontrôlable et qu’elle n’arrive pas à aimer. Quand un livre de contes intitulé ‘Mister Babadook’ se retrouve mystérieusement dans leur maison, Samuel est convaincu que le ‘Babadook’ est la créature qui hante ses cauchemars. Ses visions prennent alors une tournure démesurée, il devient de plus en plus imprévisible et violent. Amelia commence peu à peu à sentir une présence malveillante autour d’elle et réalise que les avertissements de Samuel ne sont peut-être pas que des hallucinations…

Premier film de l’Australienne Jennifer Kent, Mister Babadook fit sensation partout où il fut projeté notamment à Sundance ou Gerardmer. Dans un genre qui peine à se renouveler, pollué par des tas de production en « Found Footage », l’idée d’une nouvelle histoire de créature maléfique pouvait nous faire craindre le pire! Que nenni! Ce Mister Babadook se hisse au sommet du genre!

Tout d’abord, il ne s’agit pas ici d’une énième histoire de fantômes toute bête mais d’un film d’une grande richesse thématique, à la fois une parabole sur le deuil et la façon de l’accepter pour ne pas sombrer dans la folie mais aussi sur l’amour filial.

Remarquablement mis en scène, usant des recettes du genre, sans en abuser, Mister Babadook est également extrêmement référencé sans jamais plagier ses modèles! La réalisatrice cite directement Méliès, évoque l’expressionnisme allemand, Polanski et si l’on pense inévitablement au cinéma de Friedkin, ce n’est pas forcément pour l’Exorciste mais plutôt pour Bug et sa façon de décrire une plongée progressive dans la folie la plus totale. Passionnant, effrayant et brillant!

NOTE: 9/10