CRITIQUE: LE LOUP DE WALL STREET

LE LOUP DE WALL STREET

 

L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

Deux ans après l’intermède poétique et enfantin d’Hugo Cabret, Martin Scorsese se lache en portant à l’écran l’autobiographie de Jordan Belfort, opérant ainsi un véritable retour vers ce qui constitua la base de ses plus grands films: le récit de l’ascension et de la déchéance d’un homme. Ce fut déjà la thématique de films comme Raging Bull, les Affranchis, Casino ou même Aviator. Si l’on n’a pas affaire ici au milieu de la mafia, le récit de la vie de Jordan Belfort s’y apparente tout de même beaucoup: l’amour de l’argent, l’absence de morale, la consommation de drogues et de sexe à outrance… Si le scénariste du film n’est autre que Terence Winter, scénariste des Soprano et créateur de Boardwalk Empire avec Scorsese, ce n’est pas un hasard; le film fait d’ailleurs penser de par son ampleur et son esthétique à une série américaine et il n’y a rien de péjoratif là-dedans!

Si la mise en scène de Scorsese est virtuose et si certaines scènes accéderont au statut de scènes cultes grâce à des dialogues explosifs, cette saga de 3 heures souffre de quelques longueurs notamment dans sa première partie où le cocktail sexe/drogue, servi dans de telles quantités, finit par lasser. Quant à l’hystérie totale qui habite les 180 minutes du film avec la quasi-intégralité des dialogues hurlés (avec 569 « fuck », Scorsese atomise son record de Casino et ses 398 « fuck »!) et un montage ultra-cut, elle nous donne l’impression d’avoir passé tout le film dans une essoreuse! Toutefois les performances exceptionnelles de l’ensemble du casting notamment Leonardo DiCaprio (décidément génial) et Jonah Hill (impressionnant!) et le côté jubilatoire de l’ensemble font de ce Loup de Wall Street un bon cru à défaut d’un grand film!

NOTE: 7.5/10