Critique: Boyhood

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  • Date de sortie :
    23 juillet 2014
  • Réalisé par :
    Richard Linklater
  • Avec :
    Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Ethan Hawke…
  • Durée :
    2h43min
  • Pays de production :
    Etats-Unis
  • Année de production :  2014
  • Titre original : Boyhood
  • Distributeur :
    Diaphana

Chaque année, durant 12 ans, le réalisateur Richard Linklater a réuni les mêmes comédiens pour un film unique sur la famille et le temps qui passe. On y suit le jeune Mason de l’âge de six ans jusqu’ à sa majorité, vivant avec sa sœur et sa mère, séparée de son père. Les déménagements, les amis, les rentrées des classes, les premiers émois, les petits riens et les grandes décisions qui rythment sa jeunesse et le préparent à devenir adulte…

Lorsqu’on suit le cinéma américain aujourd’hui, on s’aperçoit que les personnages sont souvent sacrifiés au détriment de l’action; il faut toujours qu’il se passe quelque chose, si possible spectaculaire! Si l’on veut voir des personnages un tantinet travaillés, on doit se rabattre sur la série TV, discipline dans laquelle excellent les scénaristes américains. Richard Linklater, à l’instar d’Alexander Payne, est l’un des rares cinéastes à privilégier ses personnages et leur évolution. Pour ce faire, il use de méthodes proche de la série TV comme avec sa trilogie des Before grâce à laquelle il raconte l’évolution d’un couple en trois films sur une vingtaine d’années. Avec Boyhood, il pousse le concept à l’extrême, tournant son film sur 12 ans avec les mêmes comédiens que l’on voit vieillir (sans grimages!) durant les 2h45 de métrage.

Loin d’un simple film expérimental, Boyhood nous montre la vie d’une famille éclatée, sans évènement extraordinaire mais des évènements de tous les jours: les punitions, les chagrins d’amour, les virées entre potes, la fac…. Linklater manie l’ellipse avec grâce, nous faisant sauter deux ou trois ans par l’intermédiaire d’une coupe de cheveux, d’une chanson… on voit les personnages évoluer par petites touches et l’on s’y attache vraiment comme si l’on faisait partie de la famille. A travers une vraie réflexion sur la famille ou le rôle de parent, Linklater dresse aussi un portrait de son pays et de son évolution sociale, politique ou religieuse et offre en même temps un fabuleux cadeau à ses comédiens Ethan Hawke, Patricia Arquette (trop rare), Ellar Coltrane et Lorelei Linklater, qui le lui rendent bien!

Envoûtant, original, passionnant, Boyhood est le premier très grand film de 2014! A ne rater sous aucun prétexte!

NOTE: 9.5/10

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CRITIQUE BLU-RAY: TRUE ROMANCE

51RBKzXGGCL__SL500_LE FILM: 8/10

Le jour de son anniversaire, Clarence Worley rencontre la splendide Alabama dans un cinéma miteux. Coup de foudre immédiat. Après une nuit d’amour, Alabama avoue a Clarence qu’elle a été en fait engagée par le patron de Clarence comme cadeau d’anniversaire. De là va commencer une folle aventure…

Avant même de réaliser son premier film Reservoir Dogs en 1992, Quentin Tarantino vend un scénario pour la somme de 40 000 dollars: c’est True Romance. Après avoir sympathisé avec le réalisateur Tony Scott dont Top Gun est l’un des films favoris de QT (sic), c’est finalement ce dernier qui réalisera le film.

C’est sans doute le scénario le plus personnel de QT tant son personnage principal, Clarence Worley, est son alter ego: il travaille dans une petite boutique de BD (ressemblant au video club de QT), a des goûts musicaux très vintage et adore le cinéma de genre, particulièrement les films d’arts martiaux avec Sonny Chiba.

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Le film doit beaucoup à l’alchimie entre Clarence et Alabama interprétés par Christian Slater et Patricia Arquette qui ne retrouveront plus de meilleurs rôles, à la pleiade de seconds rôles fabuleux (Dennis Hopper, Christopher Walken, Gary Oldman en proxo rasta et l’une des premières apparitions de Brad Pitt dans un rôle inoubliable de grunge enfumé!) et bien sûr au scénario de QT, alternant scènes très dialoguées et irruptions de violence. Tony Scott réalise également son meilleur film, les scènes de dialogues le contraignant à cesser d’agiter sans cesse sa caméra comme on le lui reprochera toute sa carrière: il parvient à se calmer complètement lors de l’une des scènes d’anthologie du film entre Walken et Hopper!

Le film comprend bien sûr une scène de fusillade hallucinante qui évoque la scène finale de Reservoir Dogs.

Un vrai plaisir de revoir l’un des films choc des années 90!

TECHNIQUE: 9/10

Une bien belle copie HD avec une image à la définition et aux couleurs éclatantes. Le son n’est pas en reste, doux avec le célèbre thème d’Hans Zimmer et explosif quand les armes s’expriment!

BONUS: 8.5/10

On trouve ici  3 commentaires audio (Tony Scott, Tarantino, et Christian Slater et Patricia Arquette), des scènes coupées, le matériel promotionnel de l’œuvre, les origines du scénario (10 mn), le tournage, la production (20 mn, interview fleuve de Samuel Hadida, le producteur français), les coulisses (visionnage interactifs d’images inédites via icône – 25 mn), la version US (7 mn, suite de l’interview du producteur), les acteurs parlent de leur rôle, des interviews et les influences de Tarantino (9 mn, interviews de journalistes français).

VERDICT: 8.5/10

Un blu-ray au top pour un film culte!

Disponible en blu-ray (14,99 euros) chez Metropolitan Films

CRITIQUE DVD: THE DIVIDE

LE FILM:

Lors d’une explosion atomique ravageant New York, huit personnes se réfugient dans le sous-sol de leur immeuble. Des tensions et des rivalités apparaissent rapidement parmi les rescapés qui survivent grâce aux réserves d’eau et de nourriture. Ce qui semblait initialement être un sanctuaire se transforme en véritable enfer…

« The Divide », troisième long métrage du Français Xavier Gens après « The Hitman » et « Frontière(s) », arrive directement en video chez nous sans passer par la case salles! Cela ne signifie pas pour autant que c’est mauvais, c’est même au contraire plutôt pas mal! Dès les premières images, on entre dans le vif du sujet avec les habitants d’un immeuble qui courent pour se mettre à l’abri alors que les explosions se multiplient sur New-York sans que l’on sache de quoi il s’agit. Ces huit personnes se retrouvent dans l’abri anti-atomique au sous-sol de l’immeuble sans avoir la moindre idée de ce qui se passe au-dessus de leur tête!

S’appuyant sur une réalisation dynamique et pas maladroite du tout, même si quelques fioritures par-ci par-là auraient pu être évitées, « The Divide » distille un climat anxiogène suffocant! Quand huit individus se retrouvent enfermés pendant des semaines, les principales préoccupations deviennent la nourriture, les besoins sexuels, faisant passer l’Homme à l’état animal. Cette plongée est habilement décrite avec un casting excellent duquel émergent deux têtes connues, Michael Biehn, acteur fétiche de James Cameron, et Rosanna Arquette qui n’a pas la partie facile dans ce film! Ames sensibles s’abstenir!

Pas de souci au niveau technique pour ce DVD!

LES BONUS:

Outre les bandes annonces d’usage, on trouve un making-of (22 mins) intéressant, une scène coupée et un bêtisier sympa!

DVD BONUS (SUR L’EDITION COLLECTOR UNIQUEMENT):

On trouve sur ce DVD une interview passionnante du réalisateur sur sa jeune carrière et trois courts-métrages « de bon matin », « Born to Kast » et « Les incroyables aventures de Fusion Man »!

VERDICT:

Un DVD très recommandable pour un film bien angoissant!

Disponible en DVD (19,99 euros), Blu-ray (24,99 euros) et Edition Collector 2DVD+Blu-ray (29,99 euros) dès le 1er juin chez Bac Video