Sébastien Lifshitz: 2020, une année majeure

Emma et Anaïs

Après s’être fait remarquer en 2012 avec son documentaire, « les Invisibles », Sébastien Lifshitz enchaîne deux grands films en cette année un peu particulière. Tout d’abord, il sort en salles son film « Adolescentes » où il suit durant quatre ans, deux copines, Emma et Anaïs tellement différentes bien qu’inséparables. De l’année de troisième à l’obtention du bac, la caméra de Lifshitz se fait oublier pour saisir non seulement l’évolution d’un pays meurtri par une vague d’attentats mais surtout la transformation de jeunes filles en femmes. L’une d’un milieu très modeste qui a dû grandir plus vite pour porter une famille dans la précarité et l’autre d’un milieu aisé tentant de se faire une place à l’ombre d’une mère parfois trop présente.

Quelques mois plus tard, Lifshitz s’intéresse dans « Petite fille » à la dysphorie de genre à travers l’histoire de Sacha, une petite fille née dans un corps de garçon. Ce qui frappe dans ce film, c’est l’union qui règne dans cette famille où tout le monde est soudé dans le même objectif: faire changer les mentalités pour qu’enfin, Sacha puisse vivre sa vie et non celle du garçon que l’état civil fait d’elle. Un documentaire non seulement bouleversant mais qui change à jamais le regard du spectateur sur un phénomène encore peu connu.

Ces deux grands documentaires sont à voir absolument et sont sans conteste deux des plus grands films de l’année!

CRITIQUE: 17 FILLES

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Dans une petite ville au bord de l’océan, dix-sept adolescentes d’un même lycée prennent ensemble une décision inattendue et incompréhensible aux yeux des garçons et des adultes : elles décident de tomber enceintes en même temps…

Pour leur premier long métrage, les deux réalisatrices Delphine et Muriel Coulin s’inspirent d’un fait divers qui se déroula dans un lycée américain dans lequel 17 adolescentes tombèrent enceintes presque simultanément. En situant l’action dans leur ville d’origine, Lorient, elles apportent une dimension sociale en plus de la simple chronique adolescente. Non seulement les jeunes héroïnes sont insouciantes et influençables comme tous les adolescents mais en plus, elles ne nourrissent aucun espoir concernant leur avenir. Elles décident donc de prendre leur vie en main en devenant mères, le constat n’en sera que plus cruel. Ne jugeant jamais leurs personnages, les sœurs Coulin proposent une chronique douce amère très réussie, rappelant le Virgin Suicides de Sofia Coppola et les actrices toutes épatantes n’y sont pas pour rien.

Un premier bébé très réussi pour Muriel et Delphine Coulin!

NOTE: 8/10