CRITIQUE: POLISSE (2011)

 

 Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours ? Fred, l’écorché du groupe, aura du mal à supporter le regard de Melissa, mandatée par le ministère de l’intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade.

Après « Pardonnez-moi » où elle traitait de la famille et « le Bal des actrices » où elle nous plongeait dans sa vie professionnelle et celle de ses consoeurs, Maïwenn, pour son troisième film, part à la rencontre d’un univers qui lui était totalement inconnu, celui de la Brigade de Protection des Mineurs. Après avoir vu un documentaire sur cette brigade, Maïwenn a tout de suite voulu en faire un film et s’est alors lancé dans l’écriture du film, vite rejointe par Emmanuelle Bercot, l’une des actrices du film. Pour le casting, on retrouve certains acteurs ayant déjà travaillé avec elle dont Joey Starr et Marina Foïs.

On pourra reprocher à « Polisse » un scénario assez mince puisque sans réel fil directeur (on dira que c’est volontaire et lié à son désir de donner un aspect documentaire) et le rôle énigmatique de Maïwenn sans réelle utilité dans le film, d’autant qu’elle a affirmé sa volonté de ne se consacrer dorénavant qu’à sa carrière de réalisatrice.

Par ailleurs, le film dégage une telle énergie qu’on ne peut qu’adhérer, émerveillé par une troupe d’acteurs au top. Joey Starr, à la fois bestial et émouvant, confirme ses talents d’acteurs déjà entrevus dans « le Bal des actrices », Karine Viard toujours parfaite et tous les autres, Jérémie Elkaïm (l’intello du service), Marina Foïs (la féministe détruite par son boulot), le duo Nicolas Duvauchelle/Karine Rocher (déjà flics dans la série Braquo) jusqu’au plus petit rôle. Maïwenn s’impose donc comme une très grande directrice d’acteurs mais également comme une très bonne dialoguiste tant son film respire le « vrai », collant à merveille à l’air du temps.

Souvent très dur, parfois très drôle, la jeune réalisatrice démontre avec ce film qu’il y a bien un « style Maïwenn » où dominent réalisme et performances d’acteurs mais surtout une vitalité débordante qui fait plaisir dans un Cinéma Français décidément en grande forme en cette année 2011. Vive la Polisse!

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