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CRITIQUE: LINCOLN
Les derniers mois tumultueux du mandat du 16e Président des États-Unis. Dans une nation déchirée par la guerre civile et secouée par le vent du changement, Abraham Lincoln met tout en œuvre pour résoudre le conflit, unifier le pays et abolir l’esclavage. Cet homme doté d’une détermination et d’un courage moral exceptionnels va devoir faire des choix qui bouleverseront le destin des générations à venir.
Roi de l’Entertainment, inventeur du blockbuster, Spielberg a trusté les premières places tout au long de sa carrière avec des divertissements grand public comme les Indiana Jones, E.T., ou encore Jurassic Park. Son oeuvre comporte toutefois une facette qu’on pourrait qualifier d’humaniste avec des films comme La Couleur Pourpre, Empire du Soleil, La Liste De Schindler, Amistad ou encore Munich. Cette nouvelle réalisation de Steven Spielberg s’inscrit bien sûr dans cette catégorie, dans laquelle le cinéaste se positionne en défenseur des opprimés et pourfendeur de l’injustice que ce soit en nous parlant d’Holocauste, de l’absurdité de la guerre tout simplement ou encore d’esclavagisme.
C’est de ce dernier sujet qu’il traîte à nouveau en s’intéressant au combat du Président Lincoln pour l’abolition de l’esclavage. Plutôt que de nous servir un énième biopic scolaire et empesé, il préfère se concentrer uniquement sur son sujet et les quelques mois précédant l’assassinat du Président. Après une première heure qu’on pourrait taxer de didactique même si cela s’avère indispensable à la compréhension du plus grand nombre, en particulier pour nous, Européens (oui, les adeptes de l’esclavagisme sont bien les Démocrates!!!), la deuxième partie du film bascule dans le film de prêtoire et ce, de façon magistrale. D’autre part, il a une résonnance toute particulière par rapport à notre actualité.
Magnifiquement écrit, Lincoln, est un vrai régal au niveau des dialogues qui rendent les affrontements Démocrates/Républicains passionnants. Pour mettre en image ce très beau script, Spielberg réalise un film d’une sobriété bien venue ne recourant jamais au spectaculaire et évitant tout recours à la guimauve, pêché mignon du cinéaste. Quand de surcroît, son acolyte Janusz Kaminski nous offre une photo de toute beauté et que Spielberg s’entoure d’un tel casting avec un époustouflant Daniel Day Lewis à l’Oscar ô combien mérité et une pleïade de seconds rôles au top dont un Tommy Lee Jones parfait, ça nous donne le film peut-être le moins grand public mais le plus abouti de Spielberg. Fabuleux!
NOTE: 9/10
CRITIQUE BLU-RAY: LA LISTE DE SCHINDLER
LE FILM: 9.5/10
Seconde guerre mondiale. L’histoire vraie de Oskar Schindler qui démarra son usine en Pologne avec des juifs déportés. Découvrant peu à peu l’horreur que son propre peuple fait subir aux juifs, il décident de sauver tous ceux qu’il pourra…
Alors que Steven Spielberg enchaîne les blockbusters que tout le monde connaît et qu’il vient de sortir Jurassic Park, il approche également de la cinquantaine et le moment vient pour lui de parler d’un sujet qui le touche vraiment, l’Holocauste. Alors que son cinéma est principalement axé sur le spectaculaire et les prouesses techniques et constitue le moyen idéal de générer des fortunes en merchandising, il décide donc de traiter de l’extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale à travers un film de 3h15 sans véritable star (Liam Neeson et Ralph Fiennes n’ont encore rien fait de marquant), qui plus est en noir et blanc. Le succès fut tout de même au rendez-vous et Spielberg récolta même son premier Oscar du meilleur réalisateur.
Pour parler de ce sujet qui lui est si cher, Spielberg choisit de raconter l’histoire étonnante d’Oskar Schindler, un industriel allemand nazi, qui sauva de la mort des centaines de Juifs en rachetant leur vie. Spielberg réussit un film extrêmement dur, à la violence frontale parfois insoutenable, tout en constituant une aventure totalement romanesque qui ne trahit en rien son sens du récit. Le personnage de Schindler dont on aurait pu craindre du cinéaste qu’il le glorifie, est en fait un personnage ambigu, mari infidèle, passionné par l’argent et le pouvoir dont on ne sait pas vraiment si ce sont ses qualités de coeur qui guident ses actes. Sur une photo sublime de Janusz Kaminsky, Spielberg fait une démonstration de mise en scène absolument magistrale: on retiendra en particulier la scène de la liquidation du ghetto tournée caméra à l’épaule sur une mélodie de Mozart jouée par un officier allemand ou encore cette idée d’une petite fille en manteau rouge au milieu de l’image en noir et blanc que Schindler retrouvera au milieu d’un charnier. Et que dire de la magnifique partition de John Williams dont le thème interprété par le violoniste Ithzhak Perlman restera comme l’un des plus poignants de l’Histoire du Cinéma.
Certains mauvais coucheurs feront un procès injuste au réalisateur, l’accusant d’avoir voulu instauré un suspense malvenu sur l’issue d’une douche de prisonnières d’Auschwitz alors qu’il voulait simplement montrer l’incertitude dans laquelle se trouvaient ces femmes. Mais ce qu’il faut retenir c’est plutôt que Spielberg a réussi à mettre à la portée du grand public toute l’horreur de cette période, chose que seuls quelques documentaires comme Shoah étaient capables de retranscrire.
Un chef d’oeuvre absolu, le plus grand film sur l’Holocauste.
TECHNIQUE: 10/10
Une copie HD absolument époustouflante qui respecte à merveille la photo de Kaminsky avec un son en DTS complètement immersif!
BONUS: 8/10
Pas de bonus sur le bluray mais un DVD de bonus identique à celui de la précédente édition dvd, à savoir le doc sur les survivants et celui sur la fondation créée par Spielberg.
VERDICT: 9/10
Un film tout simplement essentiel!
Disponible en édition bluray + dvd bonus + copie digitale (19,99 euros) et coffret collector avec deux livrets, des cartes et l’affiche du film (29.99 euros) chez Universal Pictures dès le 9 avril





