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CRITIQUE: MAINS ARMEES
Lucas a 46 ans. Un grand flic, patron au trafic d’armes à Marseille. Maya a 25 ans. Elle est jeune flic aux stups, à Paris. Comme souvent, les armes croisent la drogue. Et Lucas va croiser Maya. Pas forcément par hasard. Flag, braquage, indics… leurs enquêtes vont s’entremêler. Leurs vies aussi. Parce que leur histoire a commencé bien longtemps avant leur rencontre…
"Mains Armées" est le nouvel opus de l’un des très bons artisans de notre Cinéma national, Pierre Jolivet. Réalisateur de très bons films comme "Fred", "Ma Petite Entreprise" ou "le Frère du guerrier", Jolivet s’adjoint comme souvent les talents de Simon Mickael au scénario, spécialiste du polar. Et le scénario est d’ailleurs très bien ficelé! Avec un souci constant de réalisme, le film refuse sans cesse de céder au spectaculaire et ne tombe jamais dans le graveleux "marchalien". Avec sa réalisation soignée et son montage dynamique, "Mains armées" réussit à conjuguer le polar pur et le drame familial avec ce père qui ne voit sa fille que pour la troisième fois, pour des raisons professionnelles! Très convaincants, les comédiens Roschdy Zem, Leïla Bekhti (qui trouve enfin un rôle où elle n’a pas à jouer la jeune banlieusarde en colère!) et Marc Lavoine (excellent en ripoux sans scrupule) ont la chance de pouvoir s’appuyer sur des rôles intéressants et bien écrits. Du bon polar quoi!
NOTE: 8/10
CRITIQUE DVD: LA MENACE
LE FILM: 8/10
Dominique dirige, près de Bordeaux, une entreprise de transports routiers, secondée efficacement par son amant Henri. Celui-ci vient de s’éprendre d’une jeune canadienne, Julie. Un soir, une violente entrevue oppose les deux femmes et Dominique, peu après, se jette du haut de la tour de la citadelle. La mort de Dominique passe aux yeux de la police pour un crime et Julie se retrouve derrière les barreaux. Henri fabrique alors des indices l’accusant afin de faire innocenter Julie…
Réalisé juste après "Police Python 357" et juste avant "Série Noire", ce troisième film d’Alain Corneau n’est pas son meilleur film mais reste néanmoins une belle réussite. Dans une première partie très chabrolienne, Corneau dépeint la petite bourgeoisie provinciale à travers notamment le personnage de Dominique (Marie Dubois récompensée d’un César pour ce rôle). La patronne de cette entreprise de transports routiers exerce un rapport de domination avec son amant Henri (Montand) à qui elle achète des camions pour lui faire plaisir, provoquant sa colère. Une rupture intervient dans le film lorsque Dominique s’aperçoit de l’infidélité de son amant et qu’elle rencontre Julie sur les hauteurs de Blaye. On retrouve dès lors dans le genre de prédilection de Corneau, le film noir? les évènements échappant aux protagonistes et toute tentative de résoudre le problème semblant inexorablement vouée à l’échec. Toute la deuxième partie du film montre alors comment Henri tente de maquiller la mort de sa maîtresse comme s’il en était l’auteur alors que le policier incarné par l’excellent Jean-François Balmer le traque.
Haletante, cette seconde partie montre le talent de metteur en scène de Corneau qui peut s’appuyer sur la magnifique prestation quasi-muette de Montand, pour s’achever au Canada avec une scène "routière" d’anthologie! Et tout ça sur une superbe bande originale jazzy de Gerry Mulligan!
"La Menace" est donc un excellent polar à (re)découvrir dans une nouvelle édition DVD (la troisième me semble-t-il) sans bonus à l’exception d’une bande-annonce mais dans une copie très propre pour l’époque!
Disponible en DVD (9,99 euros) chez Universal Pictures






