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CRITIQUE BLU-RAY: TAKE THIS WALTZ
LE FILM: 8.5/10
Quand Margot, 28 ans, rencontre Daniel, l’alchimie est immédiate. Épouse heureuse de Lou, elle réprime cette attirance aussi soudaine qu’inattendue. Lorsqu’elle découvre que Daniel habite depuis peu dans sa rue, Margot voit ses certitudes vaciller…
Entre Stories We Tell qui vient de sortir en salles et le bouleversant Loin d’Elle qui abordait la maladie d’Alzheimer, la réalisatrice Sarah Polley mettait en scène Take This Waltz qui débarque en video chez nous sans passer par les salles obscures. Take This Waltz, c’est le titre d’une chanson de Leonard Cohen qui reflète parfaitement l’impression dégagée par le film, à savoir une valse, danse au rythme langoureux dont se dégage un fort parfum de mélancolie.
Sous des allures de comédie romantique, y compris à travers ses choix de casting avec la présence de l’appatowesque Seth Rogen, Take This Waltz ne tombe jamais dans les travers du genre en évitant les gags outranciers, les passages obligés du genre "je t’aime tu me fuis, je te fuis, tu me suis", le happy end de rigueur, etc… Ici, la mélancolie prime et la réalisatrice parvient à cerner l’indiscible à travers le personnage de Margot: heureuse avec son mari avec qui elle a développé une vraie complicité, elle ressent malgré tout un vide que l’apparition d’un nouveau voisin pourrait bien combler . Se refusant à faire souffrir son mari elle se contente au début de rencontres platoniques. C’est tout ce sentiment de vacuité et de lutte interne que Polley arrive à exprimer de façon quasi-miraculeuse, aidée en cela par un Seth Rogen surprenant quand il ne fait pas l’andouille et une Michelle Williams dont le jeu s’avère d’une richesse assez bluffante (son personnage lunaire dégage une palette d’émotions extrêmement vaste).
Avec une qualité rare dans l’écriture et une mise en scène extrêmement imaginative, Sarah Polley confirme qu’elle est une grande cinéaste et signe l’un des plus beaux films sur l’amour depuis longtemps dont l’absence de sortie en salles reste une énigme!
TECHNIQUE: 9/10
Un régal que ce soit au niveau de l’image qui met en valeur la très belle photo du film que du son qui sait se montrer explosif dans les parties musicales!
BONUS: 9/10
Seul bonus mais complet, un making of qui donne la parole à la réalisatrice, ses comédiens et au directeur photo.
VERDICT: 9/10
Un très beau film à découvrir d’urgence!
Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez TF1 Video dès le 15 mai.
CRITIQUE: BLUE VALENTINE
A travers une galerie d’instants volés, passés ou présents, l’histoire d’un amour que l’on pensait avoir trouvé, et qui pourtant s’échappe… Dean et Cindy se remémorent les bons moments de leur histoire et se donnent encore une chance, le temps d’une nuit, pour sauver leur mariage vacillant.
"Blue Valentine" aurait très bien pu s’appeler "autopsie d’un Amour". Il est en effet ici question d’un Amour qui semble en train de péricliter et à l’occasion de flashbacks, on assiste à des instants clé de cette vie de couple qui nous permettent de comprendre le déclin inexorable de la relation entre ces deux êtres. Film indépendant par excellence, "Blue Valentine" est visuellement très proche du documentaire, filmé caméra à l’épaule, usant très souvent de gros plans et à la structure narrative éclatée. Le film possède deux immenses qualités: son écriture très fine et tellement réaliste et bien sûr son duo d’acteurs magistral avec Michelle Williams qui a su s’affranchir de son statut d’actrice de télé, décrochant même une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice (c’eut été mérité!) et Ryan Gosling épatant comme souvent. Pour l’anecdote, Derek Cianfrance, le réalisateur, a demandé aux deux acteurs de vivre quelques temps ensemble avec la petite fille, leur laissant une caméra pour faire eux-même leur film de famille. Le résultat se fait sentir lorsqu’on voit la complicité incroyable dont font preuve les comédiens.
Totalement déprimant mais vraiment réussi!





