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Archives de la catégorie ‘MON CINEMA A MOI: ENTRETIEN’

MON CINEMA A MOI: MICHEL LECLERC

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Après Bertrand Tavernier, c’est au réalisateur de la meilleure comédie française, succès surprise de 2011, "le Nom des Gens" et de l’OVNI "Télé Gaucho", Michel Leclerc de se soumettre à mon petit questionnaire et de nous dévoiler quel cinéphile il est.

- Votre premier souvenir de cinéma ?

Je me souviens de mes parents m’emmenant voir West Side Story qui était ressorti au Kinopanorama, du côté de la Motte Piquet, ce n’était probablement pas la première fois que j’allais au cinéma mais ça m’a marqué. Nous habitions en grande banlieue et y aller était déjà une expédition. Et cet écran énorme, la musique, la tragédie du film… ça m’a marqué à vie et je garde pour ce film une passion intacte.

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- Si vous deviez sauver trois films, lesquels seraient-ils ?

Difficile, disons : « Les Parapluies de Cherbourg (Demy) » « Une femme sous influence (Cassavetes) » et « Amacord (Fellini). »

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Amarcord

- Si vous deviez garder un seul dvd, quel serait-il ?
Peut être celui de Farhenheit 451, pour le journal du tournage que Truffaut a écrit et qui est mis en image dans les suppléments.

- Votre comédie musicale préférée ?
« Les Demoiselles de Rochefort » (pour ne pas répéter « les Parapluies de Cherbourg), je peux aussi dire « Cabaret », qui n’est pas exactement une comédie musicale mais un film sublime, qui m’a profondément marqué.

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- Votre comédie préférée ?
Difficile aussi. alors j’en cite 4 : « Meurtre mystérieux à Manhattan» « Le dictateur » « Nous irons tous au paradis  » et « mon oncle ». J’adore Rappeneau aussi.

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- Votre polar préféré ?

Taxi driver (est ce un polar ?)!

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- Votre film d’horreur préféré?
Je ne suis pas très film d’horreur, parce que je n’aime pas trop avoir vraiment peur au cinéma, alors disons « les Diaboliques » de Clouzot mais est ce un film d’horreur ?

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- Un film que vous avez honte d’aimer ?
Pas vraiment honte mais…. « la moutarde me monte au nez » de Claude Zidi avec Pierre Richard et Jane Birkin, je l’ai montré récemment à mes enfants, je ne l’avais pas vu depuis 20 ans, et ça leur a plu.

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- Un film que vous avez honte de détester ?
Aucun, je n’ai pas honte de détester, je déteste.

- Votre dernier coup de cœur dans les salles ?
Oslo, 31 Août de Joachim Trier.

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- Quel(s) réalisateur(s) admirez-vous le plus, hier et aujourd’hui et pourquoi ?
Fellini, parce que c’est un cinéaste du côté de la vie et qu’encore aujourd’hui je ne comprends pas du tout comment il a tourné ses films pour qu’ils aient autant de souffle. Et bien sûr Woody Allen, pour le plaisir qu’il me donne, depuis si longtemps.

federico-fellini-imagePhoto Credit: Courtesy of the Academy of Motion Pictures Arts and Sciences

- Que pensez-vous de l’évolution du cinéma avec l’apparition de la 3D en particulier ?
Tant qu’il y a aura des gens qui ont envie de se déplacer pour qu’on leur raconte une histoire ou qu’on les plonge dans un monde pendant une heure et demi, tout va bien. Le reste, la technique, c’est un détail.

- Des projets de films ? Des projets musicaux ?
Bien sûr, mais se feront ils ? Je suis en plein dans la période d’angoisse de cette question. Un scénario est prêt, il va falloir le faire lire.

Un projet de disque avec Baya Kasmi, ça serait notre deuxième….

Je rêve bien sûr de tourner une comédie musicale, mais comment faire mieux que nos prédécesseurs ?

- Sara Forestier, une muse?

Non car il y a quelque chose d’un peu passif dans la notion de muse. L’artiste avec un grand A qui s’inspire d’une femme qui se contente d’être. Avec Sara, nous travaillons, elle autant que moi, et j’espère être autant sa muse qu’elle est la mienne.

- Y a-t-il des acteurs avec qui vous rêvez de travailler ?

Cary Grant et Simone signoret mais je ne sais pas s’ils sont libres en ce moment….

Des envies d’explorer d’autres genres que la comédie ?

Comme Woody, j’aimerais tâter un peu d’autres terrains mais je sais au fond de moi que je ne suis pas sûr d’y arriver. La comédie est mon mode de communication naturelle.  Avant d’aller ailleurs, j’ai encore à explorer ce genre.

- A-t-il été facile de trouver des financements pour Télé Gaucho après le succès du Nom des Gens ?

Oui, dans la mesure où cela reste un film avec un budget modeste. Le problème sera peut être pour le film suivant car Télégaucho n’a pas été un succès en salles et mon prochain projet nécessite pas mal de sous.

Un objet qui vous fait vraiment chier ?

D’avoir 4 télécommandes pour faire marcher un lecteur DVD.

Quelle chaîne regardez-vous le plus à la télé ?

Honnêtement je n’en regarde plus aucune. Le grand journal de canal de temps en temps, que j’adore détester.

- Un dernier mot ?

Oui… parce que c’est un beau mot.

 

Un grand merci à Michel Leclerc pour le temps qu’il a bien voulu consacrer à répondre à ces questions. On attend avec impatience son prochain film!

 

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MON CINEMA A MOI: BERTRAND TAVERNIER

Voici une nouvelle rubrique dont je suis très fier! Je vais tenter, de temps en temps de poser quelques questions à des personnalités du 7ème art sur leurs goûts en la matière, un peu à la manière "dis-moi ce que tu regardes, je te dirai qui tu es!".

Au niveau de la régularité, je ne vous promets rien; ces gens-là sont très occupés et n’ont que faire du pauvre blogger que je suis. Pourtant, un cinéaste, et pas des moindres, a accepté de répondre à mes quelques questions: l’immense Bertrand Tavernier. Les réponses sont assez brèves mais l’entretien s’est fait par mail, ce qui limite les possibilités. Cela permet toutefois de comprendre l’étendue du savoir en la matière du réalisateur du"juge et l’assassin" et de "la princesse de Montpensier" et ne peut que vous inciter à lire très vite son ouvrage fabuleux "mes amis américains".

Bertrand Tavernier. Little Bear

 

                 SUR LE CINEMA EN GENERAL

-       Votre premier souvenir de cinéma ?

       J’ai mis très longtemps à découvrir qu’il s’agissait de " Dernier Atout" de Jacques Becker.

 

 

-       Si vous deviez sauver trois films, lesquels seraient-ils ?

      Trop difficile:un Renoir, un Ford, un Michael Powell mais ce serait horrible pour les autres!

-       Si vous deviez garder un seul dvd, quel serait-il ?

       Idem!

-       Votre comédie musicale préférée ?

       Je déteste les listes, les hiérarchies. Si je dis "Chantons sous la pluie" de Stanley Donen, j’ai envie d’ajouter "Tous en scène" ("the bandwagon") de Vincente Minelli, "les 7 femmes de Barberousse" de Stanley Donen, "Funny face" de Donen également et "Top hat" de Mark Sandrich.

 

-       Votre film de guerre préféré ?

        "Enfants de salauds" ("play dirty") d’André de Toth, "Attack" de Robert Aldrich , "La 317ème section" de Pierre Schoendorffer, "le merdier" de Ted Post, la scène de guerre de "Monkey on my back" d’André de Toth, celle de "Pride of the marines" de Delmer Daves et "la mer cruelle" de Charles Frend.

 

    

-       Votre western préféré ?

       "La prisonnière du désert" de John Ford, "3 H 10 pour Yuma" de Delmer Daves, "la colline des potences" de Delmer Daves encore, "la poursuite infernale" de John Ford, "les affameurs" d’Anthony Mann, "Law and order" de Edward L. Cahn, " la vallée de la peur" de Raoul Walsh, "la fureur des hommes" d’Henry Hattaway.

 

-       Votre polar préféré ?

        "Pitfall" d’André de Toth, "l’enfer est à lui"("White heat") de Raoul Walsh, "classe tous risques" de Claude Sautet, " Maigret tend un piège" de Jean Delannoy, "La vérité sur bébé Donge" de Henri Decoin, "Laura" d’Otto Preminger, "memory of murders" de Bong Joon-Ho, "chien enragé" d’Akira Kurosawa, " il pleut toujours le dimanche" de Robert Hamer, et "High and low" de Kurosawa.

 

-       Votre dernier coup de cœur dans les salles ?

        " Au fond des bois" de benoît Jacquot et "Inside job" de Charles Ferguson.

 

-       Quel(s) réalisateur(s)  admirez-vous le plus aujourd’hui ?

        Olivier Assayas, Xavier Giannoli, Benoît Jacquot.

-       Que justifie cette admiration que vous éprouvez pour le cinéma américain ?

        Il y a eu des auteurs magistraux de Ford à Lubitsch, de Mankiewicz à La Cava et Walsh.

-       Est-il plus facile de tourner aujourd’hui « dans la brume électrique » aux Etats-Unis ou « la Princesse de Montpensier » en France, en terme de liberté artistique ? Et tourneriez-vous à nouveau outre-Atlantique ?

          C’est aussi difficile et non, je ne tournerai plus aux Etats-Unis.

-       Que pensez-vous de l’évolution du cinéma avec l’apparition de la 3D en particulier ?

        Aucune idée.

       SUR VOTRE DERNIER FILM

-       Les films en costume sont chose rare au cinéma de nos jours. Est-il facile de trouver les financements pour ce genre de film aujourd’hui ? 

         Non, pas du tout.

-       Vous portez toujours à travers vos films un regard critique sur le monde. Dans ce projet, qu’est ce qui vous a donné envie d’adapter ce texte de Madame de Lafayette ?

        Le personnage de Marie, celui de Chabannes et l’histoire d’amour où l’on prenait le parti de la femme.

-       Le casting de votre film est très réussi, avec une révélation, Raphaël Personnaz, que j’ai découvert et que j’ai trouvé fantastique dans le rôle du duc d’Anjou. Lors de l’écriture, aviez-vous déjà ces comédiens en tête ?

       Seulement Gaspard Ulliel et Grégoire Leprince-Ringuet.

-       Avez-vous déjà d’autres projets ?

        Oui mais aucune réponse des financiers pour le moment.

-       Pour finir, vous formez, avec des metteurs en scène comme Tarantino ou Scorsese, un cercle très restreint de cinéastes cinéphiles, dotés d’une culture impressionnante. Et cela semble dans la plupart des cas un gage de qualité. Cette culture cinématographique ou générale semble se perdre chez les jeunes aujourd’hui (ce n’est pas un vieux qui vous parle, j’ai 33 ans), que préconiseriez-vous pour intéresser cette jeunesse ?

        D’être curieux et il y a d’autres metteurs en scène cinéphiles comme Alexander Payne, Olivier Assayas, Benoît Jacquot, Xavier Giannoli et plein d’autres en Europe.

Entretien réalisé par CINEDINGUE en mars 2011.

Je tiens encore une fois à remercier chaleureusement M. Tavernier de m’avoir accordé un peu de son temps précieux en espérant avoir l’occasion de le rencontrer plus longtemps une prochaine fois.