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CRITIQUE: LE PASSE
Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille, Lucie. Les efforts d’Ahmad pour tenter d’améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé…
Pour son sixième long métrage, le cinéaste iranien dont le dernier film, "Une Séparation", a fait sa renommée dans le monde entier, a choisi de tourner son film en France. L’excitation le disputait à l’inquiétude tant ce genre de déplacement se fait rarement sans dégâts! Le Passé est une très belle réussite dont le principal intérêt sera, je l’espère, de faire découvrir l’immense scénariste et cinéaste qu’est Farhadi à ceux qui n’ont pas eu la curiosité de découvrir ses précédents films.
Reprenant les thèmes qui lui sont chers comme la famille et ses conflits, le secret, le mensonge, Farhadi nous offre un récit gigogne débutant sur un postulat simple avec un couple qui se retrouve pour divorcer, un nouveau conjoint et des enfants dont on ne sait pas exactement à qui ils sont. A partir de là, petit à petit, certaines questions trouvent leur réponse et des problèmes surgissent au gré des révélations des uns et des autres. Seul le personnage d’Ahmad semble irréprochable et à la recherche de solutions mais tout ce qu’il entreprend semble conduire inexorablement au conflit. Tous les autres personnages autour de lui, comme dans les précédents films de Farhadi, attirent la sympathie ou l’antipathie au fur et à mesure que les secrets sont révélés.
Comme toujours mis en scène avec une précision impressionnante, le film épate surtout par son scénario à la mécanique implacable même s’il paraît parfois trop écrit et trop parfait. Tahar Rahim, comme toujours excellent donne la réplique à une Bérénice Béjo surprenante, à un très bon Ali Mosaffa au jeu tout en douceur et à la révélation Pauline Burlet en adolescente rongée par la douleur. C’est donc un exil réussi pour Asghar Farhadi même si la dimension documentaire de ses précédents films sur son pays, la société iranienne ou la religion est ici absente.
Une vraie démonstration de cinéma pur vraiment impressionnante.
NOTE: 9/10
CRITIQUE: SOUS SURVEILLANCE
En 1969, un groupe de militants radicaux appelés Weather Underground revendique une vague d’attentats aux Etats-Unis pour protester contre la guerre du Vietnam.
La plupart de ses membres furent emprisonnés, mais quelques-uns disparurent sans laisser de trace… Jusqu’à aujourd’hui.
L’arrestation de Sharon Solarz, l’une des activistes, remet cette affaire sur le devant de la scène, au point d’attiser la curiosité du jeune et ambitieux reporter Ben Schulberg. Jouant de ses relations au FBI, il rassemble petit à petit les pièces du puzzle, le menant jusqu’à Jim Grant, un avocat apparemment sans histoires… Lorsque celui-ci disparait brusquement, le journaliste se lance sur sa piste, déterminé à le retrouver avant le FBI.
En choisissant un sujet qui le toucha d’assez près dans sa jeunesse, Robert Redford, clairement étiqueté "artiste de gauche" a voulu revenir à un genre assez couru dans les années 70, le thriller politique façon "les Hommes du Président". Ambition louable certes mais à l’image du célèbre acteur roux tentant de semer le FBI en courant en forêt, le film manque un peu de souffle. L’ensemble se suit assez agréablement; toutefois, si le petit journaliste aux cheveux gras mouillés (interprété par Shia LaBeouf) qui fait la nique au FBI en ayant sans cesse un coup d’avance fonctionnait très bien il y a 40 ans, ça paraît de nos jours légèrement "capillotracté"! Quant à l’intrigue, elle se déroule à un rythme de sénateur et aurait pu emprunter sans problèmes quelques raccourcis même si le choix du sujet est assez pertinent.
Néanmoins, ce retour au "cinéma de Papa" a un petit côté vintage assez séduisant tout comme le casting de vieilles gloires qui nous permet de retrouver des acteurs comme Julie Christie, Susan Sarandon, Richard Jenkins, Nick Nolte, Sam Elliott ou Chris Cooper.
NOTE: 5.5/10





